L’Espérance… malgré tout !

A l’occasion de la Journée internationale  des Nations Unies de soutien aux victimes de la torture, les chrétiens s’engagent à soutenir par leurs prières ceux qui souffrent aux mains des bourreaux. Le 26 juin, il y a la Nuit des Veilleurs.

Textes : Epitre aux Romains 8, 18-25 et Luc 18, 1-8 :
« Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance. Or, voir ce qu’on espère n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment l’espérer encore ? Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c’est l’attendre avec persévérance. »

 

Vous connaissez certainement ce bon mot d’un croyant impatient : « Seigneur, donne-moi la patience… mais vite ! »

Aujourd’hui, nous ressentons souvent ce sentiment désagréable d’impuissance ou d’impatience devant les événements qui secouent le monde. Les journaux télévisés nous abreuvent d’images où les victimes succèdent aux cadavres, où les catastrophes précèdent les violences. Et je me dis : jusqu’à quand ? Parfois, souvent même, j’ai envie d’éteindre la télévision, de fermer le journal et de me réfugier soit dans la nature, soit dans l’écoute d’une musique, soit dans la lecture d’une BD pour échapper au brouhaha insupportable du monde.

Mais voilà, cela n’empêche pas le monde d’être ce qu’il est et des humains d’être les victimes trop souvent innocentes.

Devant ce sentiment d’impuissance, il y a aussi un brin, oh, bien plus qu’un brin, de résignation : c’est comme ça ! On n’y peut rien ! Il faut accepter ! C’est la vie ! Que voulez-vous, je ne peux pas sauver le monde, nous ne pouvons pas changer l’être humain !

C’est vrai, que je ne peux pas sauver le monde à moi tout seul. Mais je peux déjà changer le regard que je porte sur le monde. Je peux déjà aujourd’hui, maintenant, dire non au désespoir.

Je peux aussi m’associer à d’autres pour plus d’humanité, de solidarité, de fraternité entre les peuples. Ajouter ma voix à toutes celles qui crient déjà non au désespoir, non à la résignation.

Ce matin, ces deux textes que nous venons d’entendre sont là justement pour nous réveiller, pour nous secouer et nous sortir de notre léthargie, parce qu’il ne s’agit pas de s’endormir sur notre résignation, si confortable soit-elle.

Ces textes, celui de Paul aux Romains et celui de Luc, sonnent comme des alertes : ne vous endormez pas ! Ne vous résignez pas ! Espérez malgré tout !

Paul et Luc nous invitent, non, nous obligent, à être des patients actifs, des patients proactifs qui prenons les devants. Comment ? En témoignant de notre espérance qui est, je crois, le seul moyen de ne pas tomber dans la résignation du temps présent.

Oui, le monde souffre. Oui, l’humanité gémit, et parmi elle, des croyants, chrétiens, musulmans, orthodoxes, juifs. Oui, mais le projet de Dieu n’est pas de faire souffrir l’humain.

Dieu nous appelle à l’espérance. Bien plus, il est notre Espérance. Il nous exhorte à dépasser ce que nous voyons là sous nos yeux, sans le nier pour autant. A dépasser le visible pour espérer ce que nous ne voyons pas encore. C’est difficile à saisir, parce que notre raison nous fait redescendre sans cesse sur le concret.

Alors Paul, pour nous aider à mettre une réalité sur ces propos, nous donne l’image de la femme qui souffre à l’accouchement. Elle porte en elle toute la promesse de la vie à venir. Nous pouvons en voir une image par les moyens techniques, mais c’est sans commune mesure avec ce que sera ce petit d’homme qui naîtra, qui est en train de naître à la vie, là sous nos yeux.

L’espérance, c’est cette force intime à chacun de nous qui nous pousse à croire en la vie, à croire à la victoire du bien sur le mal, au-delà de ce que nous vivons aujourd’hui.

Témoins d’espérance, nous le sommes tous ici. Nous le sommes tous dans les communautés religieuses et priantes ; nous le sommes tous dans notre vie quotidienne.

Témoigner de notre espérance malgré tout, c’est ressembler à la veuve de la parabole rapportée par Luc qui s’entête parce qu’elle sait qu’elle a raison de croire à un changement de ce juge. Parce qu’elle a raison de croire à la justice malgré tout.

Persévérer, ne pas se résigner. Voilà bien le message que la Nuit des Veilleurs et l’Action chrétienne pour l’abolition de la torture veulent faire passer. Persévérer dans la prière et tous les efforts pour que la justice triomphe aujourd’hui déjà. Ne pas se résigner devant les maigres résultats de campagnes, car aucun geste, je dis bien aucun, n’est inutile quand il s’agit de faire avancer une cause juste et noble ; quand il s’agit de construire, aujourd’hui déjà, le royaume de Dieu dans le monde.

La prière du croyant impatient du début pourrait être plutôt celle-ci :

Seigneur, donne-moi la patience, celle d’attendre le temps que tu as toi-même fixé, dans la confiance que tout est entre tes mains.

Donne-moi la patience, celle de la persévérance comme réponse au désespoir, dans l’assurance que tout est entre tes mains.

Donne-moi la patience, celle de bâtir peu à peu, et déjà ici-bas, les prémices de ton Royaume à venir, dans la confiance que tout est entre tes mains. Amen.

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Publié par

meditheo

Diacre dans l'Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel (EREN), auprès des aînés et des personnes fragilisées, Jean-Marc aime bien écrire et partager ses convictions, ses valeurs, ses questionnements, son humeur (bonne ou mauvaise d'ailleurs).

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