Prière de ne pas déranger !

Texte : Evangile de Luc 11, 5-10
Je (Jésus) vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner parce qu’il est son ami, il se lèvera à cause de son insistance effrontée et il lui donnera tout ce dont il a besoin.

On a tous vu ce panneau quelque part : « Ne pas déranger ! » A la porte d’un bureau, d’une chambre d’hôtel ou ailleurs. Dans mon quotidien, j’aimerais bien parfois porter ce panneau autour du cou ou dans le dos, parce que je suis occupé, parce que je travaille, parce que je dors. Et ce n’est pas si facile de reprendre le cours de son occupation ou de retrouver son sommeil quand on a été dérangé.

Se pose alors la question : comment alors se débarrasser du gêneur ? Soit on le rabroue et on le renvoie, soit on accède à sa demande, même de mauvaise grâce, pour qu’il nous fiche enfin la paix !

Cette parabole de l’ami importun dit quelque chose de Dieu. Mais le danger, c’est d’assimiler Dieu à ce dormeur grognon qui répond parce qu’il veut enfin être tranquille. Non, il y a autre chose. Mais avant, je me demande : n’est-il pas, Dieu, dérangé par nos prières incessantes ? Par toutes ces fois où nous lui demandons de nous exaucer ? Où nous lui confions nos joies et nos peines, où nous lui lançons nos colères et lui déposons nos larmes ? N’aimerait-il pas qu’on lui fiche la paix, au moins un instant et peut-être pour l’éternité ?

Et bien non ! Je crois que Dieu se laisse déranger et même qu’il aime cela ! Pourquoi ? Parce que nous comptons vraiment pour lui. Il se laisse déranger, parce que nous-mêmes sommes sensibles vis-à-vis de ceux qui viennent frapper à notre porte. C’est le sens de la parabole : l’ami importun veut accueillir comme il se doit l’ami voyageur. C’était d’ailleurs une tradition dans la culture orientale que de pratiquer l’hospitalité, à l’image de l’assiette du pauvre (ou du pèlerin) laissée à la table familiale, au cas où. Mais quand on n’a rien, il faut bien trouver de quoi nourrir l’estomac affamé. Alors, on va frapper à la porte du voisin, au risque de le déranger ou de trouver porte close.

« Prière de ne pas déranger ! » Cette parabole nous enseigne encore quelque chose au sujet de la prière : c’est l’encouragement à ne pas renoncer, à persévérer, à croire à l’accomplissement : Demandez et vous recevrez. Cherchez et vous trouverez. Frappez, on vous ouvrira. Tous nos efforts et toutes nos prières deviennent alors porteurs de promesses.

Si l’homme de la parabole répond pour avoir la paix. Dieu répond en donnant la paix, celle du cœur, celle dans le cœur et dans l’être tout entier. Je suis en paix, car je sais que Dieu est là, à l’écoute et prêt à répondre, même si j’insiste. Surtout si j’insiste et que je persévère, malgré le silence apparent, malgré le vide apparent de la réponse. Je crois que Dieu le premier pratique l’hospitalité du cœur pour chacun de nous. Dieu ne se lasse pas de nos prières. Il accueille chacune d’elles et l’exauce, oui, mais selon sa volonté. Il est le premier à ouvrir la porte de la relation, parce qu’il est juste et bon. Mais notre effort est d’accepter qu’il ne soit pas un Dieu qui fasse ce qu’on lui demande, mais que nous fassions ce qu’il attend de nous.

Aucune prière ne recevra pour réponse divine :
« Ne pas déranger ! »

Publié par

meditheo

Diacre dans l'Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel (EREN), auprès des aînés et des personnes fragilisées, Jean-Marc aime bien écrire et partager ses convictions, ses valeurs, ses questionnements, son humeur (bonne ou mauvaise d'ailleurs).

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