La pièce qui manque

Texte : Evangile selon Luc 18, 18-30
« Tout ce que tu as, vends-le, distribue-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel; puis viens et suis-moi. »

Voilà ! Après des jours et des semaines, j’ai enfin terminé ce puzzle de 2000 pièces. Et pourtant, je ne suis pas satisfait. En effet, il manque une pièce. Et pas n’importe laquelle : celle qui est en plein milieu. Même s’il y a 1999 autres pièces, mon image n’est pas complète, elle montre un vide en son centre. On ne peut pas ne pas le remarquer.

C’est comme cet homme qui s’approche pour interroger Jésus. Il a tout ce qu’on peut désirer : il jouit d’un bon statut social, il est notable ; il observe les préceptes religieux dès son plus jeune âge ; il a des moyens financiers. C’est l’homme parfait, trop parfait. Et pourtant, il n’est pas satisfait. Il y a aussi un vide en lui, en son être intérieur. Il lui manque encore quelque chose, peut-être bien l’essentiel : l’accès à la vie éternelle. Que faire pour entrer dans ce Royaume qu’annonce Jésus ?

Alors que l’homme demande ce qu’il doit faire pour avoir, Jésus le conduit à expérimenter ce qu’il n’a pas, le manque : « tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres », à ceux qui manquent du matériel. Cet homme a tout et c’est justement cela qui fait obstacle. Il n’y a pas en lui de place pour autre chose que ce qu’il a déjà. L’homme riche est invité à faire l’expérience du lâcher-prise, du renoncement, du manque, du vide pour accueillir la gratuité de la grâce qu’on ne peut pas acheter, parce qu’elle est don de Dieu et de lui seul.

Mais ce pas-là lui est difficile, voire impossible. Il s’en va tout triste, car il prend conscience de l’effort qui lui est demandé. Quel sera l’avenir de cet homme ? Vendra-t-il finalement ses biens, distribuera-t-il ses richesses aux pauvres ? Suivra-t-il Jésus ? Luc n’en dit rien, car l’avenir de l’homme est désormais entre ses mains à lui. Il sait maintenant ce qu’il doit faire.

Que dois-je faire ? Comme si le Royaume était une récompense de nos actions, plutôt bonnes, avouons-le. Comme s’il était possible d’entrer dans ce Royaume par ses propres moyens. Alors, Jésus ouvre une autre voie : celle du renoncement et cela peut être un vrai effort, celui de toute une vie. Mais c’est en s’abandonnant qu’on découvre que la grâce ne s’achète ni à bon marché ni à prix d’or, parce qu’elle est don. Et cet effort-là nous paraît insurmontable, impossible. Et c’est vrai à nos yeux et à la hauteur de nos forces, tout comme le chameau qui ne passera pas par le trou d’une aiguille. Mais ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu.

Expérimenter le vide pour laisser Dieu le remplir. A propos de vide, Blaise Pascal (mathématicien et philosophe français, 1623-1662) a eu ces mots :

« Il y a dans le cœur de chaque homme un vide en forme de Dieu,  et nul autre que Lui
ne peut le combler. »

Je dois cette méditation en grande partie à Michel Cornuz, in Pain de ce jour, N°232, 21 septembre 2017.

Publié par

meditheo

Diacre dans l'Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel (EREN), auprès des aînés et des personnes fragilisées, Jean-Marc aime bien écrire et partager ses convictions, ses valeurs, ses questionnements, son humeur (bonne ou mauvaise d'ailleurs).

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