Séparation, différences, unité

FÊTE DE L’ASCENSION

Textes du jour : Genèse 1, 1-8 | Matthieu 28, 16-20
« Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. »

Au commencement, Dieu crée, en mettant de l’ordre dans le vide, le chaos, le « tohu-bohu », dans le cheni(t) de l’avant-monde. Il organise les choses en les différenciant : il y a la nuit et la lumière, le ciel et la terre. Plus tard, il y aura la mer et la terre ferme. Et Dieu vit que tout cela était bon. Les choses sont différenciées, mais elles font partie d’un tout, d’une unité qui est bonne : rien n’est de trop, rien ne manque. Tout peut alors se développer dans la création du Dieu des commencements.

Au moment où le Christ quitte ses disciples, 40 jours après sa résurrection, c’est comme une fin. Mais pas vraiment. Jésus rappelle qu’il a lui aussi autorité dans le ciel et sur la terre. C’est-à-dire qu’il est reconnu comme souverain sur l’entier de cette création. Il est celui qui unit ce qui est différent. Il tient dans chacune de ses mains à la fois le ciel et la terre.

Jésus est venu dans le monde pour annoncer que Dieu est Amour au-delà de tout ce qui peut séparer. Il a rendu leur place à ceux qui étaient séparés de la société ou de la communauté. Il a pacifié aussi les divisions à l’intérieur de chaque être, en apportant sa paix. À Pâques, il a vaincu le fossé ultime, celui qui séparait la vie de la mort, en en faisant dès lors un passage.

Et aujourd’hui, il quitte ses disciples, mais ce n’est pas une séparation. Il restera avec eux, présent d’une autre manière, jusqu’à la fin, jusqu’à ce que cette bonne nouvelle que la mort a été vaincue au nom de l’Amour ait atteint toutes les extrémités de la terre et de notre propre intériorité aussi.

Aujourd’hui, nous sommes à un nouveau commencement. Une nouvelle étape pour les disciples qui vont maintenant agir sans leur Maître avec eux physiquement, mais dans la confiance qu’il les accompagnera toujours et encore. C’est le début d’un temps nouveau où le Ressuscité donne à ses envoyés la liberté d’agir et de témoigner. Sans les abandonner, il leur soufflera les mots et les gestes. Tout comme sur cette montagne, certains seront aussi parfois pétris de doutes, mais cela fait partie de la foi. Et ils pourront se tourner vers le Vivant à leurs côtés, présent, mystérieusement.

On attribue à Victor Hugo ces paroles : « Aujourd’hui, c’est le premier jour du reste de ma vie. » Tout comme le premier jour de la Création, tout est à mettre en lumière et en ordre, à organiser, à unifier aussi. C’est le début d’un nouveau chapitre qui s’écrit dans une relation toujours surprenante et renouvelée au Ressuscité.

Alors, risquons-nous à la vie, vraie, pleine et entière, avec lui le Vivant et osons dire que cela change notre quotidien de se savoir aimé, rejoint et accompagné chaque jour par celui qui a vaincu toutes nos différences. Par celui qui nous fait une promesse : Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.

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Publié par

meditheo

Diacre dans l'Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel (EREN), auprès des aînés et des personnes fragilisées, Jean-Marc aime bien écrire et partager ses convictions, ses valeurs, ses questionnements, son humeur (bonne ou mauvaise d'ailleurs).

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