Tout passe, tout lasse. Rien de nouveau !

Texte du jour : Ecclésiaste (ou Qohéleth) 1, 1-11
Vanité des vanités… Tout est vanité !

L’Ecclésiaste, c’est le prédicateur, celui qui parle devant une assemblée pour l’instruire. On le dit sage et c’est certainement pourquoi on l’associe au roi Salomon. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il porte un regard résigné sur le monde, sur le temps et sur l’existence humaine. Tout se résume alors à ces mots : Vanité des vanités, tout est vanité et poursuite du vent. Ce sera d’ailleurs un refrain tout au long du livre. On se rend compte que tout passe si vite, que tout glisse entre nos doigts, sans pouvoir arrêter le temps. Et aujourd’hui, la course s’est encore accélérée. On est appelé à faire toujours plus, toujours plus vite, si bien qu’arrivés à la retraite, ou après une crise, certains ressentent un manque, un vide, une perte de sens : pourquoi avoir fait tout cela pour en arriver là ? Cela pourrait ressembler à un bilan que chacun dresserait à la fin de sa vie : tout ça pour ça !
En réponse au stress croissant, il y a tout un mouvement de méditation de pleine conscience. Il s’agit de prendre un temps pour être pleinement présent à ce qui se passe en moi et autour de moi, à ce que je fais. Par exemple, quand je mange, je mange. Quand je bois, je bois. Cela permet de redécouvrir des sensations et des perceptions oubliées, ou à tout le moins cachées. Pour nous croyants, ce temps peut aussi être celui de se présenter devant Dieu, avec nos questions, nos épuisements, nos errances et entrer en dialogue avec Lui dans l’intimité de la prière. Ce sont aussi ces moments où nous nous retrouvons autour de sa Parole pour l’écouter et la laisser nous pénétrer.
Finalement, à la lecture des premiers mots de ce livre, ne sommes-nous pas amenés à nous interroger : la vie a-t-elle un sens ? À quoi sert-il de vivre, si à la fin, il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
La question n’est pas d’ajouter des jours à la vie, mais de la vie aux jours. Cela, l’Ecclésiaste l’a bien compris puisque plus loin, il dit : « Le seul bonheur des humains est de manger et de boire et de jouir de leur travail. J’ai constaté que c’est Dieu qui leur offre ce bonheur, car personne ne peut manger ni éprouver du plaisir si Dieu ne le lui accorde pas » (2,24-25). Voilà une lueur d’espoir dans ce sombre tableau : le bonheur est don de Dieu et ce bonheur peut s’éprouver de diverses manières dans les actes les plus quotidiens, les plus anodins.
Car, même si le monde a profondément changé et qu’il continue d’évoluer, la fidélité de Dieu, elle, demeure tout au long de l’Histoire. Il n’est jamais vain que de s’en remettre à Dieu, à son amour et à sa miséricorde quand le cours des événements nous dépasse. Dieu est le même, hier, aujourd’hui et toujours. Et ce n’est pas une vanité.

Publié par

meditheo

Diacre dans l'Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel (EREN), auprès des aînés et des personnes fragilisées, Jean-Marc aime bien écrire et partager ses convictions, ses valeurs, ses questionnements, son humeur (bonne ou mauvaise d'ailleurs).

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