Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir

Prédication dans le cadre d’une cérémonie d’adieux.

Texte du jour : Actes des Apôtres 20, 33-35
Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir
(texte intégral à la fin)

Chère Famille, chers Amis, chers frères et sœurs,

Florent Pagny chantait :

Savoir donner,
Donner sans reprendre,
Ne rien faire qu’apprendre
Apprendre à aimer,
Aimer sans attendre,
Aimer à tout prendre,
Apprendre à sourire,
Rien que pour le geste,
Sans vouloir le reste
Et apprendre à vivre
Et s’en aller.

À une époque où tout se monnaye, où chaque chose, chaque personne se résume trop souvent à ce qu’elle coûte et à ce qu’elle peut rapporter, donner, sans reprendre, sans rien attendre en retour, est peut-être devenu suspect, ça cache forcément quelque chose. Et c’est triste.

Car quoi de plus beau que de donner, même si on n’a rien ou si peu. Parce qu’il y a des cadeaux qui ont une valeur inestimable pour qui donne et pour qui reçoit. Quel prix coller sur un sourire, sur un merci, sur une main tendue ? Quelle valeur donner à toute une vie offerte aux autres.

Donner parce qu’on aime tout simplement. Donner et aimer. Voilà certainement deux verbes plus faciles à conjuguer qu’à pratiquer.

Donner à ceux qui en ont besoin. À ceux qui ne peuvent plus rien donner. Justement à ceux qui se croient trop pauvres pour donner.

Tout ne se monnaye pas. Et tant mieux. Donner de soi procure de la joie. « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ». Mais est-ce que recevoir ne procure aussi de la joie ? Bien sûr que si ! Mais, le don gratuit et sincère, voilà un bonheur inestimable et à la portée de tous.

À l’heure où tout s’échange, se troque ; où l’on pratique à loisir le principe d’un prêté-pour-un-rendu, n’est-ce pas aller à contre-courant que d’offrir ce qu’on est, avant ce qu’on a ? Tout simplement pour la joie partagée de donner et de recevoir dans la gratuité, sans rien attendre.

Étrangement, l’apôtre Paul cite une parole de Jésus-Christ que nous ne trouvons nulle part dans les Évangiles et c’est pourtant une parole essentielle. Sans doute, une de ces paroles qui ont marqué les esprits et qui sont restées dans les mémoires. Pourtant, nulle trace de ces mots dans les quatre Évangiles qui relatent la vie du Christ et son enseignement, en partie du moins. Mais tout n’est pas dit dans ces quatre récits.

Jésus les a sans doute prononcées, ces paroles : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir », mais surtout, il les a incarnées. Par son être tout entier, par son souci des plus faibles, par l’attention portée à tous ceux qu’on ne voyait plus, et à qui on imposait le silence parce qu’ils dérangeaient.

Jésus a tendu l’oreille et la main à ceux qu’on qualifiait d’ « impurs » parce qu’ils souffraient de maux qu’on considérait comme des « punitions divines ».

Il a ouvert son cœur et celui des autres à ceux et celles qui étaient privés d’amour, au nom d’un amour plus grand, celui de Dieu son Père.

Il est allé, lui Jésus, lui le Christ, jusqu’au don ultime. Il n’avait aucune autre richesse que sa propre personne. Alors, il s’en est dépouillé pour que le monde sache que la force de l’amour pour les autres au-delà de toute différence, sera toujours plus grande que la mort.

« Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » Bien plus que des mots, parce que des mots restent des mots s’ils ne sont pas d’abord habités, incarnés dirait le croyant.

Donner, tout simplement, sans attendre. Sans rien attendre.

Donner pour la simple joie d’offrir. Offrir de soi, de qui on est.

Donner n’est-ce pas à cela que nous sommes tous appelés ?

Ça paraît si simple et pourtant… Je suis persuadé que toute une vie n’est qu’apprentissage pour découvrir ce qu’est vraiment donner et… Aimer. Car comment donner si on n’aime pas ?

Apprendre à donner sans vouloir le reste. N’est-ce pas cela vivre finalement ? Et puis s’en aller, laissant à d’autres de poursuivre le chemin de ce qui a été commencé, de le poursuivre à leurs manières.

Aujourd’hui, nous nous sentons orphelins, mais il y a un trésor en chacun de nous, peut-être encore caché, enfoui. C’est la richesse de l’amour et du don gratuit de la vie. Alors, découvrons-la, cette richesse, préservons-la, portons-la et partageons-la avec tous ceux, et toutes celles, qui en sont encore privés.

Amen.

 

Actes des Apôtres 20, 33-35

« Je n’ai convoité l’argent, l’or ou le vêtement de personne.

Les mains que voici, vous le savez vous-mêmes, ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons.

Je vous l’ai toujours montré, c’est en peinant de la sorte qu’il faut venir en aide aux faibles et se souvenir de ces mots que le Seigneur Jésus lui-même a prononcés : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »

Publicités

Publié par

meditheo

Diacre dans l'Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel (EREN), auprès des aînés et des personnes fragilisées, Jean-Marc aime bien écrire et partager ses convictions, ses valeurs, ses questionnements, son humeur (bonne ou mauvaise d'ailleurs).

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s