Méditation de Noël : Un Dieu qui bouscule

FÊTE DE NOËL (II)

MÉDITATION. Si Noël n’était qu’un jour dans l’année, ce serait un congé comme un autre. Si Noël n’était qu’une fois dans l’histoire, alors ce serait une commémoration. Noël est une mise en mouvement pour tous les jours à venir et pour toute une vie.


Une promesse au coin des chênes de Mamré (Genèse 18)

Il était une fois un Dieu qui avait décidé de bousculer la vie du monde. Et cela a commencé il y a très longtemps. Ce Dieu-là s’est approché d’un vieillard qui attendait la mort. Il n’espérait plus rien de la vie et avait dû se rendre à l’évidence : sa prière d’un jour d’avoir un fils, un seul, n’avait pas été exaucée. Il s’était fait une raison. Dieu sait. Lui ne savait pas. Ce vieillard s’appelait Abraham.

Un jour, en plein midi, il n’en crut pas ses yeux : des voyageurs improbables passaient à proximité de son campement et les règles de l’hospitalité commandaient de les inviter à s’arrêter, à se reposer, à se rafraîchir, à leur donner à boire et à manger. Ces voyageurs, c’était Dieu qui les envoyait pour faire entendre à Abraham l’improbable : « Tu auras un fils. Bien plus, ta descendance sera aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel ou les grains de sable sur la plage. » Abraham dut se pincer pour être sûr de ne pas rêver et gronder Sarah sa femme qui s’était mise à rire sous cape en entendant de pareils propos, car elle avait atteint depuis longtemps la limite d’âge du plaisir et de l’enfantement.

Et la promesse se réalisa. Et elle continua à traverser le monde, de génération en génération, au rythme des ventres gonflés des femmes qui devenaient mères. Même celles qu’on savait stériles ou trop vieilles accueillaient la vie en leur matrice, parce que rien n’est impossible à Dieu. Il ne cesse de le dire et on s’entête à ne pas y croire !

Une promesse au coin de l’autel (Luc 1)

Des siècles plus tard, Dieu envoya encore son messager à un prêtre. Zacharie était son nom. Cela veut dire « Dieu se souvient », à croire que Dieu ne choisit pas ses interlocuteurs au hasard !  Zacharie était marié à Élisabeth qui était stérile et tous deux étaient « avancés en âge » comme le dit pudiquement le récit. À croire encore que Dieu ne s’adresse qu’à des vieux ou des vieilles sans avenir… Lui, le prêtre, il a voulu des preuves, il a posé des questions pour avoir confiance. Et Dieu lui a cousu les lèvres, pour que lui aussi accouche d’une parole le moment venu. Et cette parole, ce sera un nom : Jean, celui que l’histoire retiendra comme le Baptiste.

Une promesse au coin d’une chambre (Luc 1)

Enfin, un peu en même temps, Dieu est venu bousculer les rêves d’une jeune fille. Pour une fois, il a choisi une à peine adulte. Il lui a envoyé son messager, toujours le même, celui qui est en charge des bonnes nouvelles. Elle, elle a aussi posé des questions, mais elle a dit OUI, comme une épouse qui se donne à son époux. Et elle a accueilli dans son ventre la promesse de Dieu. La mère de celui qui sera le Sauveur, c’est elle. Pourquoi elle et pas une autre ? Parce que Dieu a ses raisons que le cœur d’une jeune fille ne peut pas connaître.

Alors que le monde d’antan cherchait la stabilité en dressant des statistiques de toutes sortes, Dieu a bousculé la logique des sages. Le sauveur, celui qu’on appellera « Roi des juifs », naît au milieu des animaux, sur de la paille. Il a pu compter, et heureusement, sur l’ingéniosité de son charpentier de père pour transformer une mangeoire en un berceau. Mais pressent-il seulement, ce petit d’homme, que c’est un lit de bois qui accueille son premier cri et que ce sera une croix de bois qui portera son dernier ? Il vaut mieux qu’il n’en sache rien encore.

Une promesse au coin du ciel (Luc 2 et Matthieu 2)

Dieu n’en a pas fini de bousculer le cours des événements : il va illuminer les cieux d’une grande lueur et d’hymnes à sa gloire, réveillant et effrayant des bergers endormis qui se mettent en route vers la ville de Bethléem, « La maison du pain ». Il déposera encore une étoile plus brillante et plus insistante que les autres, pour déranger des observateurs en Orient et les conduire à la ville de Bethléem (voir également ce billet de Claire Clivaz, Le temps des présents). Il jettera le doute dans l’esprit d’un roi qui voit son pouvoir vaciller et qui a peur pour son prestige.

Une promesse au coin du cœur

Et aujourd’hui, oui aujourd’hui, Dieu vient bousculer nos habitudes, nos certitudes, nos réponses toutes faites. C’est lui qui vient nous réveiller à l’heure où l’on aimerait bien dormir, convaincus que le changement, ce sera pour demain ou après-demain, parce qu’aujourd’hui, on n’a pas le temps. Parce qu’aujourd’hui, ce n’est pas le bon moment.

Dieu nous bouscule pour que nous allions, nous aussi et dès cet instant, à Bethléem !

Mais c’est loin… Et comment est-ce qu’on y va ?

Là encore, et une fois de plus, Dieu nous envoie un messager, vous savez celui des bonnes nouvelles. Il s’appelle Gabriel, cela signifie « Homme de Dieu » ou « Homme fort », parce qu’il faut être fort pour s’immiscer dans la vie des gens de tous les temps et les convaincre de l’impossible. Alors, écoutez ce qu’il nous dit : « Va, lève-toi et mets-toi en route vers ton Bethléem. Tu en connais le chemin, car la crèche où ton sauveur vient de naître, c’est ton cœur. Le chemin n’est peut-être pas facile à suivre, mais regarde et suis cette lumière qui est en toi. Dieu la dépose pour que tu ne te perdes pas en route. Entends-tu déjà les cris de ce petit enfant qui t’accueille ? Ne cherche plus Noël. Tu l’as trouvé. »

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Publié par

meditheo

Diacre dans l'Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel (EREN), auprès des aînés et des personnes fragilisées, Jean-Marc aime bien écrire et partager ses convictions, ses valeurs, ses questionnements, son humeur (bonne ou mauvaise d'ailleurs).

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