Prêt au changement ou quand le changement s’impose par lui-même

RÉFLEXION. Ce premier trimestre 2019 est synonyme de changement pour moi : je vivrai une transition vers un autre ministère, un autre canton et une autre Église. Il y a ce sentiment de s’aventurer vers quelque chose de moins connu. C’est cela qui est beau.


Commençons par un gros mot : Kairos !

L’image en tête de cet article provient de la page 7 de la revue Évangile & Liberté, n° 325, janvier 2019. Elle présente en gros plan un mot KAIROS. C’est un mot grec qui signifie : « le moment opportun ». Pourrais-je dire qu’il s’agit d’un temps fugace, et donc insaisissable, où tout peut basculer, où tout peut devenir possible. C’est aussi « le moment choisi par Dieu pour accomplir son projet. » Pourquoi donc retenir ce gros mot théologique (selon la rubrique d’Évangile & Liberté) pour parler de mon changement professionnel ? Parce que ce mot illustre parfaitement les circonstances de mon évolution professionnelle qui m’ont appris que l’attente n’est pas vaine.

Veillez et priez qu’il disait

J’entame ma onzième année dans l’aumônerie des EMS pour personnes âgées. Sans prétendre tout savoir ni tout connaître, je peux affirmer que j’ai fait le tour. J’ai la charge de six établissements, totalisant plus de 300 lits. J’assure un remplacement ailleurs, célèbre 8 à 10 cultes par mois, consacre près de 5 journées de visites, sans compter les impondérables (non, je ne me plains pas !) Je tombe un peu dans la routine. Le souffle est plus court. Depuis quelques mois, j’espérais voir mon horizon se dégager, je priais pour une évolution de mon ministère. J’ai alors déposé ma candidature à un poste mis au concours dans une Église voisine sans beaucoup de conviction, parce que n’habitant pas sur place, n’étant pas membre de cette Église et pour d’autres raisons sans doute peu pertinentes (qui touchent à la confiance en moi ! Demandez à ma femme, elle vous confirmera !) Et, à ma grande surprise, j’ai convaincu le Conseil paroissial, mon futur employeur. Donc, dès le 1er mars, j’entrerai en fonction dans ce nouveau lieu, avec d’autres collègues, un autre fonctionnement, d’autres traditions et habitudes. C’est motivant. Je reviendrai sur ces découvertes dans de futurs billets sur ce blog, histoire de maintenir le suspens.

Avec un recul de plusieurs semaines, je peux dire que j’ai vécu un KAIROS. Une opportunité au temps opportun. Dans son article, l’auteure Constance Luzzati précise :

[en parlant du kairos] : « L’être humain ne peut le provoquer, mais il peut développer sa vigilance et sa capacité à se saisir de ce moment porteur de fruit.

Évangile & Liberté n° 325, janvier 2019, p. 7.

Tout est fait. Tout reste à faire

Voilà, tout est dit ! Mais tout n’est pas fait ! Alors, je retrousse mes manches… Ça ne fait que commencer !

Il s’est agi pour moi ensuite de réagir vite et en conséquence, afin d’examiner les conditions de travail futures, de respecter les délais contractuels de mon employeur, d’annoncer à qui de droit ma décision, tout en prenant le risque de trahir la confiance et d’informer mon futur employer de mon OUI.

Suis-je prêt au changement ? OUI, assurément. Je ne sais pas si j’ai passé par toutes les étapes d’une reconversion professionnelle (un peu comme on le fait lors d’un deuil), mais il y a en moi cette conviction d’avoir bien fait. Même si je sais ce que je quitterai : bon nombre d’habitudes très rassurantes mais aussi peu motivantes, de personnes et de lieux connus et que je ne sais pas encore ce que je découvrirai : de nouveaux rythmes, des collègues à apprivoiser (ça va dans les deux sens, eux et moi, moi et eux) et des lieux à s’approprier. Il y a toujours une part d’idéalisation (j’en suis conscient), mais je vis cette transition dans la confiance et la certitude d’avoir pris la bonne décision au bon moment.

Mais le plus difficile reste à faire : se dire « adieu » ou « à Dieu » (c’est mieux, non ?), prendre congé. Avec certains et certaines, l’amitié et la complicité ont eu le temps de s’installer. Comment se quitter sans trahir ? Mais, allez, courage !

Courage ! Il t’appelle. Alors…

Et comme s’il fallait me rassurer (si un peu quand même !), ces mots qui ne cessent de revenir : « Courage, lève-toi, il t’appelle. » C’est la foule qui s’adresse à Bartimée l’aveugle. Le il dont il est question, c’est le Christ. Guéri, Bartimée suivra la foule sur le chemin. C’est tout le mal que je me souhaite.

À suivre…

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Publié par

meditheo

Diacre dans l'Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel (EREN), auprès des aînés et des personnes fragilisées, Jean-Marc aime bien écrire et partager ses convictions, ses valeurs, ses questionnements, son humeur (bonne ou mauvaise d'ailleurs).

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