Entre enthousiasme et (risque d’) épuisement : l’histoire du buisson

DIACONAT. La transition professionnelle génère un sentiment d’impatience, parce que je vais vers un nouvel horizon (et je m’y vois déjà) et un risque d’épuisement, parce je dois être encore là où je suis, tentant de tout mettre en ordre en vue de la transmission.


Quand les choses se précisent… Ou pas !

Mon nouveau lieu de travail sera la paroisse réformée de La Neuveville et le Plateau de Diesse et environs, regroupés sous la jolie expression de Lac-en-Ciel (Églises réformées Berne-Jura-Soleure) dès le 1er mars prochain. Et depuis la reprise, au début du mois de janvier, je vis un temps qui oscille entre l’enthousiasme et le risque (je dis bien le risque) d’épuisement. Il y a des choses à faire, parce que je suis encore là, ou sur le point de ne plus l’être et d’autres à penser, prévoir, organiser ; des rendez-vous à fixer parce que je suis sur le point d’être là. Ainsi, je mets à la fois de l’ordre dans mes affaires et je classe ce que le conseil paroissial de La Neuveville, fort bienveillant, m’envoie à titre d’information (pour l’instant).

Quand présent et futur se marient pour le meilleur

Je suis donc partagé entre l’envie d’y être déjà et celle, non moins forte, de bien partir. Il y a dans les deux de l’enthousiasme et de l’épuisement.

Le mot  enthousiasme  signifie « qui est en Dieu, inspiré ou porté par le Divin ». Ce mot laisse entendre qu’il y a plus (beaucoup plus) que ma seule volonté. Il me rappelle la vocation, ce qui donne sens à ce que je fais, à mon ministère, même et surtout s’il est en mutation. À être trop enthousiaste, ne risqué-je pas de tomber dans un travers bien connu : l’épuisement peut me guetter si je cherche à tout contrôler, même l’incontrôlable ? Le danger est tapi sous mon perfectionnisme : je veux tellement bien faire que je prive mon successeur (homme ou femme) de faire à sa manière.

Et dans cette configuration, il s’agit aussi de prendre soin de moi, de ma vie spirituelle, de mon ressourcement, car je suis mon propre outil de travail. J’ai d’ailleurs sensibilisé mes collègues et mon responsable, lors de l’établissement de nos cahiers des charges professionnels, à l’importance d’y faire figurer le souci de sa vie spirituelle comme l’un de nos savoir-faire.

Quand un buisson m’apprend quelque chose. Si, si !

Un collègue et ami a eu un jour cette très belle comparaison : regarde le buisson ardent devant Moïse. Lisez plutôt :

1Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiân. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. 2L’ange du SEIGNEUR lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson. Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n’était pas dévoré.

3Moïse dit : « Je vais faire un détour pour voir cette grande vision : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? » 4Le SEIGNEUR vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! »

5Il dit : « N’approche pas d’ici ! Retire tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. »
Exode 3, 1-5

L’enthousiasme, c’est le buisson qui brûle sans se consumer. C’est le sacré qui flamboie et se révèle. L’épuisement (dont la forme extrême est le burn-out), c’est le buisson cramé. Il n’y a plus rien… Que du vide !

Voilà qui me parle en ce temps de changement et m’encourage à revenir à ce qui brûle en moi, à ce feu sacré, mais qui ne me consume pas et non ce qui pourrait me dévorer de l’intérieur.

Au cœur de cet entre-deux, entre aujourd’hui et demain, je me laisse porter par la magie des mots et les laisse (ad)venir tout simplement :

S’approcher de l’âtre au creux de l’être.
Se donner au feu sacré qui manifeste le Divin.
Et renoncer à battre le fer..
Oui, il faut « battre le faire ».
Pour donner toute la victoire au feu de Dieu
qui ne cesse de m’appeler à la Vie.

 

 

 

Publié par

meditheo

Diacre dans l'Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel (EREN), auprès des aînés et des personnes fragilisées, Jean-Marc aime bien écrire et partager ses convictions, ses valeurs, ses questionnements, son humeur (bonne ou mauvaise d'ailleurs).

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