Quelle est votre communauté ?

Depuis quelques jours, j’essaie de m’y retrouver dans la jungle des messageries, suite au changement des conditions de confidentialité de WhatsApp; changement qui prendra effet au 15 mai, sans grandes conséquences en Suisse, semble-t-il. En y réfléchissant, je me rends compte que ce qui fait que j’adhérerai à tel ou tel système de messagerie n’est pas si éloigné des arguments qui me font appartenir à telle ou telle communauté religieuse. Je partage ici quelques réflexions et similitudes.

L’historique SMS

Qui envoie encore des SMS aujourd’hui, à l’heure des échanges de photos, vidéos, et autres GIF ? Le principe du SMS est d’échanger des messages textes. C’est l’ancêtre des messageries instantanées actuelles. Il fait le job : il envoie et reçoit des messages-textes. Non, le SMS n’est pas mort !

Le SMS reste aussi utilisable sur de vieux modèles de téléphone, pas des smartphones. Car oui, il y a encore des téléphones qui servent juste à téléphoner. Souvent, l’option Message est méconnue, voire inconnue, des utilisateurs. Non, le SMS ne sert pas seulement à recevoir un code d’activation d’une appli !

Cela me fait penser aux Églises historiques, celles qui passent pour vieillottes, voire dépassées. On les a un peu oubliées. On s’en souvient quand on en a besoin. Elles sont aussi garantes de traditions, de dogmes, de manières d’être et de célébrer qui rassurent d’un côté : on sait à peu près d’où on vient, où on est et où on va. C’est vieux peut-être, méconnu sûrement, mais c’est rassurant aussi ! Mais de loin pas majoritaire.

À écouter : Les Eglises vont-elles dans le mur? – Radio – Play RTS

WhatsApp : j’y suis parce que tu y es

WhatsApp est un des systèmes les plus utilisés , enfin je crois. Ils permettent l’échange de photos, de vidéo, d’émojis et comportent beaucoup d’options. C’est aussi user-friendly, facile et intuitif (en bon français). WhatsApp a connu un grand succès, devenant un moyen de communication à la fois entre membres d’un cercle familial ou amical, mais un outil à l’échelle de l’entreprise et de paroisses, d’Églises.

Mais dépourvu de publicité, il n’est pas rentable aux yeux de son propriétaire Facebook.

Ainsi, on s’inscrit sur WhatsApp pour la simple est bonne raison que tout le monde y est. On est sûr de se retrouver, de pas être seul. On y est, sans trop se poser de questions.

Cela me fait penser à des communautés religieuses, d’obédiences plutôt évangéliques : on y va, parce que notre voisin, notre collègue, nos amis y sont et on se sent en terrain connu ou conquis. Parce que c’est vivant, parce que « la musique est bonne », parce que le témoignage personnel y occupe une place de choix. Parce que ça nous parle. Parce que cela comble notre besoin d’être avec. Ou pour d’autres raisons tout aussi valables.

Oui, mais…

Ca, c’était avant que WhatsApp décide d’imposer un changement de ses conditions, permettant un échange et un partage de données avec Facebook. Cela a eu pour conséquence que beaucoup se sont posé des questions sur ce qu’ils sont prêts à partager, à donner à un système dont le contrôle échappe au plus grand nombre.

Aujourd’hui, on se dit qu’on devrait peut-être changer d’application. On devrait, c’est sûr, mais le fait-on ? Pourquoi ne le fait-on pas ?

Et il arrive aussi qu’on ne soit plus en phase avec le message de sa communauté ou ses responsables; qu’on ne s’y reconnaisse plus, qu’on ne s’y sente plus à l’aise. Et on se dit qu’on devrait changer, qu’on aurait avantage à aller voir ailleurs.

Pourquoi j’y suis allé ? Pourquoi j’y reste (encore) ?

Comme tout le monde, j’ai installé WhatsApp, parce que bon nombre de mes contacts y sont. Parce que j’avais envie d’en être aussi. Parce que j’avais besoin d’être relié à mes amis, et aussi un besoin de reconnaissance.

J’y reste encore, parce que bon nombre de mes contacts n’ont pas encore sauté le pas de quitter ce système pour un autre. Par crainte de perdre le contact, alors même que ces contacts pourraient perdurer d’autres manières. Par crainte et ou paresse aussi, n’ayant pas encore trouvé le courage de confirmer la suppression de mon compte WhatsApp. Comme d’ailleurs, je n’ai pas (encore) quitté Facebook, Twitter ni Instagram.

Qu’est-ce qui fait qu’un jour on soit allé dans une communauté religieuse ? Qu’on y ait été amené ? Qu’on y reste, même si on ne partage pas ce qui s’y vit, s’y dit ? Je crois que les arguments évoqués ci-dessus pourraient s’adapter à l’appartenance à une Église.

Pourquoi je quitte (mais pas encore tout à fait) ?

Je prépare mon départ de WhatsApp, en installant d’autres alternatives : Signal, Telegram et Threema.

Pourquoi les trois ? Parce que j’ai remarqué que certains de mes contacts étaient sur l’une plutôt que l’autre et qu’ainsi, nous restons en lien. J’essaie de sonder puis de convaincre les indécis et les réfractaires au changement.

À écouter sur la RTS : WhatsApp change ses règles, les Suisses cherchent des alternatives – rts.ch – Sciences-Tech.

Comme pour les réseaux sociaux, si l’envie de les quitter m’a souvent déjà occupé, je n’ai encore jamais fait ce pas, sans doute pour tout un tas de mauvaises raisons que je transforme en bonnes pour me donner bonne conscience.

C’est aussi ce que j’ai pu entendre de certaines personnes qui ne se reconnaissent pas dans l’une ou l’autre des communautés religieuses, mais qui ne les fréquentent plus, sans les avoir officiellement quittées : je n’y ai pas pensé. Ah bon, il faut le dire… Oui, oui, mais on ne sait jamais… Peut-être qu’un jour, j’y reviendrai….

Alors, on y est encore inscrit, tout en étant actif ailleurs. On reçoit le journal qu’on ne lit plus, mais on n’a jamais pensé à se désabonné. On n’ouvre même pas l’enveloppe au logo de l’Église, mais on ne la renvoie pas non plus.

Messageries et Églises, pas si différentes au final

En conclusion, je me dis que ce soit pour une messagerie ou une communauté religieuse, les raisons qui me feront la rejoindre ou non, y rester ou non, la quitter ou non seront assez semblables. Tout se joue dans la qualité des relations que je peux y tisser et entretenir, pour me sentir à ma place et reconnu.

À lire sur mon blog : Paroissien, qui es-tu ? – réformé & connecté (jeanmarcleresche.ch)

Que ce soit sur nos portables ou dans nos Églises, il y a toute un éventail de profils de membres, chacun y a sa place…. Enfin, je crois…

Publié par

Jean-Marc Leresche

Diacre réformé et connecté, Jean-Marc partage son temps entre Neuchâtel et La Neuveville. Il partage ses réflexions et son humeur. Il s'exprime en son nom propre.

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