Fiasco ! (Mc 11, 15-18)

Des Rameaux à Pâques : épisode 2

Maison de mon Père !
Repaire de voleurs ?

La journée a bien commencé. Les pèlerins montent au Temple. Les uns y viennent pour la première fois, les autres par devoir, pour se mettre en ordre avec la Loi. Ils sont fidèles aux préceptes du Patriarche, Moshe. Il y a, par exemple, ces jeunes couples qui m’achètent deux tourterelles en guise de sacrifice, parce qu’ils ont eu leur premier enfant.

– Venez par ici, achetez mes pigeons ! Ils sont beaux, sans défaut !

– Arrête ton char ! Ils ne sont pas plus purs que mes tourterelles ! me lance un concurrent de l’autre côté du parvis.

On ne se fait pas de cadeau ! Mes compagnons crient tout aussi fort pour attirer le chaland. Chacun y va de ses arguments. On n’est pas là pour faire de la figuration ! La pâque, c’est l’événement à ne pas manquer ! Continuer la lecture de Fiasco ! (Mc 11, 15-18)

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Entre deux mondes (Jn 11)

Textes du jour : Deutéronome 30, 15-16 et 19-20 | Jean 11, 17-26 et 37-44

Prédication prononcée au temple de Fenin (Val-de-Ruz, Suisse) le dimanche 18 mars 2018.

Nous voici, chers Amis, à la rencontre de deux mondes, avec l’Évangile de Jean ce matin. Tout d’abord, deux mondes séparés par la ligne du temps, celui de Jésus et le nôtre. Et il y a des ressemblances plus ou moins évidentes qui se sont adaptées avec la modernité. Ce jour-là, à Béthanie, on vient entourer de son amitié celles qui ont perdu leur frère. Aujourd’hui, la proximité est un peu différente, les visites ne sont plus la norme : on envoie une carte de sincères condoléances, ou un SMS, quelques mots pour dire aux familles endeuillées qu’on pense à elles. Les cérémonies se confinent de plus en plus à une intimité plus ou moins stricte et les cimetières d’aujourd’hui n’ont plus grand-chose à voir avec ceux du temps de Jésus. Mais quand même, on ne reste pas insensibles à la peine et au chagrin de nos amis, voisins, collègues ou paroissiens, de ceux qu’on ne connaît que de loin et qui sont confrontés à la perte d’un être cher. Un texte qui nous ramène à la finitude de l’existence.

Je me refuse à voir dans le choix de ce texte les seuls fruits d’une heureuse coïncidence. Si ce texte du chapitre 11 de l’Évangile de Jean nous est proposé aujourd’hui, 5e dimanche du temps de carême, ce n’est certainement pas un hasard. Il constitue le dernier signe de Jésus, avant sa passion. Ici, nous en avons entendu un extrait, car le retour à la vie de Lazare occupe la majeure partie de ce chapitre.

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Regarder plus haut… Plus loin

Textes du jour : Psaumes 19 | 104 | 136
« Le ciel raconte la gloire de Dieu (…) Ce n’est pas un discours, il n’y a pas de mots. »

Le temps du Carême nous invite à visiter, toujours et encore, notre relation à Dieu, à soi, aux autres et au monde. Et il faut bien se l’avouer : à regarder les nouvelles qui nous parviennent, il y a des raisons de désespérer : les conflits armés, l’insécurité, le fossé entre les privilégiés et les autres, la pauvreté galopante, même sous nos latitudes, et j’en passe.

Alors quoi ? Le temps de la résignation est-il venu ? N’y a-t-il plus aucune raison de croire, envers et contre tout, à un avenir encore possible ? Et Dieu, dans tout cela ? On le prétend tout-puissant, mais à y regarder, il ne change rien à la marche du monde… Certains l’affirment haut et fort !

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La transfiguration : une montée ou une descente ? (Mc 9, 2-10)

Petite intro : le mot « transfiguration » signifie transformation, changement. Dans cet épisode, Jésus se montre à trois de ses disciples sous une forme nouvelle et insolite.

Texte : Marc 9, 2-10 :
Jésus les conduit sur une autre montagne, loin des gens.

Pierre, Jacques et Jean ont eu la chance d’apercevoir quelque chose de la gloire de Jésus-Christ ce jour-là sur une montagne.
Ils ont eu la chance de reconnaître Moïse et Élie aux côtés de Jésus et parlant avec lui d’on ne sait quoi.
Ils ont eu la chance d’entendre une voix qui invitait à écouter celui qui était le Fils bien-aimé.
Ils ont eu de la chance, mais vous avez aussi remarqué qu’ils sont effrayés par ce qu’ils voient : c’est complètement mystérieux et inexplicable. Continuer la lecture de La transfiguration : une montée ou une descente ? (Mc 9, 2-10)

Petite réflexion sur le silence

On prétend que
le silence est d’or
et c’est le cas
lorsqu’il ouvre
à une vraie écoute
sincère en trois dimensions :
ce que dit mon interlocuteur
(même et surtout au-delà des mots),
ce qui se dit en moi
et ce qui se dit entre nous.

 

On prétend aussi qu’il y a
des silences qui en disent long
et c’est bien le cas,
lorsqu’ils laissent la place
à autre chose
que des mots.

Ton rire = mon rire !

Texte du jour : Exode 22, 20-22 :
Vous ne devez pas maltraiter ou exploiter les étrangers installés chez vous ;
rappelez-vous que vous étiez aussi des étrangers en Égypte.

Il y a des sourires qui en disent long. Des visages qui expriment la joie de vivre, vraie et sincère. Des sourires accueillants et engageants qui invitent au dialogue et à la bonne humeur. Il y en a d’autres crispés et de façade ; des sourires qui prétendent que ça va, alors qu’au fond de soi, ça ne va pas si bien que cela. D’autres qui s’affichent comme pour s’excuser. D’autres encore figés, parce que sur une photo, il faut sourire… « Allez, un p’tit sourire, s’il vous plaît ! »

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Job ou la confiance devant l’absurdité

Petite intro : cette réflexion s’inscrit dans le cadre d’une cérémonie d’adieux.
Job est juste devant Dieu et devant les hommes. Il est béni. Et pourtant, cela ne le préservera pas de la perte de ses enfants, de la misère ni de la maladie. Mais toujours il croira, envers et contre tout, à la justice de Dieu, malgré ses amis qui tenteront de le raisonner en lui faisant admettre une faute même inconsciente.Parce que Dieu ne punit pas sans raison…

Livre de Job 19, 25-27 :

Je sais bien, moi dit Job, que mon libérateur est vivant,
que le dernier, il surgira sur la poussière.

Et après qu’on aura détruit cette peau qui est mienne,
c’est bien dans ma chair que je contemplerai Dieu.

C’est moi qui le contemplerai, oui, moi !
Mes yeux le verront, lui, et il ne sera pas étranger.

Mon cœur en brûle au fond de moi.

 

Pauvre Job ! Oui, pauvre de lui ! On le voyait comme l’ami de Dieu et le voilà maudit, assis sur un tas de fumier, couvert de furoncles. On se demande ce qu’il a bien pu faire pour en arriver là. Il y a forcément une raison, et une bonne, pour que Dieu l’ait ainsi puni et abandonné. Parce que Dieu, ici, on ne l’entend pas.

Job aurait certainement toutes les raisons du monde d’en vouloir à la terre entière et à Dieu surtout. Lui, son serviteur, qui n’a eu de cesse de faire le bien et voilà comment il est récompensé. Et pourtant, Job n’accuse pas le Divin de son sort. Il se désole plutôt de ses amis qui cherchent à le convaincre qu’il y a forcément dans sa vie quelque chose qui a déclenché la colère du Seigneur…. Oui, mais non ! Job est juste et il revendique sa piété. Continuer la lecture de Job ou la confiance devant l’absurdité