Que tous nous soyons un, pour que le monde croie !

MÉDITATION. À l’occasion de ma dernière célébration œcuménique dans un home, j’ai choisi de reprendre l’image du corps. Belle image d’un organisme qui vit, qui respire la Vie, celle que Dieu donne… au monde.


Textes du jour : Première lettre aux Corinthiens 12, 12-30 |
Évangile de Jean 17, 20-23 (textes intégraux à la fin)

« Pour qu’ils parviennent à l’unité parfaite. »

Ce qu’est le corps: une évidence!

Notre corps est formé de plusieurs membres et organes. Nous le savons bien. Chacun est essentiel et important. Tous sont reliés les uns aux autres par des muscles, des tendons, des veines et des artères, de la chair. Et cette magnifique mécanique est animée par notre cœur qui bat et le souffle de notre respiration. Y fait-on seulement attention quand tout va bien ? Il suffit qu’un accident nous prive momentanément d’un de nos membres pour ressentir le manque: on est d’abord maladroit, gêné, puis on apprend à faire avec, ou plutôt sans, et autrement. Le corps formé de plusieurs parties, voilà une évidence que nous pouvons tous constater pour nous-mêmes et pour les autres. On pourrait prétendre que Paul n’est pas allé chercher très loin cette image. Elle affirme qu’aucun n’est trop petit pour ne pas faire partie intégrante de ce corps. Elle est pertinente, cette image parce qu’elle marque les esprits. Plus c’est simple, plus c’est compréhensible ! Les professionnels de la communication vous le diront.

Mais la comparaison va plus loin. Elle parle de notre unité de croyants comme corps… du Christ, uni par un même Esprit au-delà des différences culturelles ou sociales, au-delà des origines ou des langues. Car, tous nous sommes parties de ce corps, chacun pour sa part animé par la foi en Jésus-Christ mort et ressuscité.

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Tout commence, mais pour aller où ?

MÉDITATION. L’Épiphanie nous parle de la venue de savants qui ont quitté leur pays pour venir adorer celui qu’ils appellent le roi des juifs. Longtemps avant eux, un homme et sa famille reçoit aussi l’appel à quitter son pays.


Textes du jour : Genèse 12, 1-9 | Matthieu 2, 1-12
« Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père et va dans le pays que je te montrerai. »

Préparer le terrain des consciences

Dans un précédent billet, j’ai parlé de mon changement d’insertion professionnelle. C’est le moment de préparer les résidents que je côtoie depuis longtemps pour certains à mon départ. Ce sera un profonds changement autan pour moi que pour eux. L’appel que le Seigneur adresse à Abram (qui n’est pas encore Abraham) m’y aide.

Toute année, comme tout voyage, comporte une part d’inattendu, d’espérance, de crainte aussi peut-être : que nous réserveront ces douze mois à venir ? Nous sommes en marche vers un avenir inconnu, mais pas vide. Car Dieu veille. Il nous précède, il nous accompagne, il nous pousse en avant.

Tous des voyageurs sur la terre

Ne ressemblons-nous pas à Abram qui se voit appelé à quitter le lieu qu’il connaît, ses repères, ses sécurités pour se mettre en route vers un pays encore inconnu ? Ne sommes-nous pas à l’image des sages venus d’Orient, suivant un signe dans le ciel vers une rencontre dont ils ne savent rien ?

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Les pieds sur terre, les yeux au ciel

MÉDITATION. À la veille de fêter l’Épiphanie, je suis sollicité pour célébrer une cérémonie d’adieux. On évoque la montagne. Il y a bien le psaume 121 « Je lève les yeux vers les montagnes… » Mais, il y en a une autre de montagne qui, soudain, fait écho à la venue des mages. Je m’y risque.


Textes du jour : Évangile de Matthieu 26, 16-20 |
Actes des Apôtres 1, 9-11

« Pourquoi restez-vous à regarder le ciel ? » (textes intégraux à la fin)

Entre ciel et terre à l’Ascension : le nez dans les nuages

Il m’arrive de prendre un peu de hauteur, en me baladant du côté de La Petite-Joux (point de vue des photos), de Sommartel ou de La Tourne et de m’arrêter pour contempler le paysage, les montagnes surtout qui se découpent, par beau temps, sur un ciel azur. Je ressens alors quelque chose de plus grand que moi. Vous avez certainement, vous aussi, expérimenté ce sentiment, ici ou ailleurs : ce quelque chose de plus grand qui nous dépasse et que nous avons de la peine à nommer : la beauté, la grandeur, la force pour les uns. Dieu, le Maître, le Grand Architecte pour d’autres, le silence tout simplement quand les mots ne suffisent plus.

Et là, regardant les montagnes, je me sens dans un Entre-Deux : les pieds bien posés sur le sol, le regard et l’esprit tendus vers le ciel. Un peu à l’image des onze ce jour-là, sur la montagne où leur Maître les a quittés.

Les textes bibliques que nous venons d’entendre relatent l’Ascension du Christ. Ils nous font lever le regard vers le ciel dans l’attente de quelque chose, mais les messagers viennent rappeler aux disciples et aux foules et à nous qu’il faut retourner dans le quotidien de la vie : « Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » Il s’agit de poursuivre ce qui a été commencé. L’ascension inaugure le temps de l’Entre-Deux, dans l’attente de la venue de l’Esprit-Saint. Dans l’attente d’une rencontre promise. Une attente active où chacun est acteur et non seul spectateur.

Mais ce n’est pas vraiment de saison !

Entre ciel et terre à l’Épiphanie : le nez dans les étoiles

Revenons à aujourd’hui : nous sommes aussi dans un Entre-Deux : nous avons fêté la naissance du Fils de Dieu il y a quelques jours à Noël, et nous fêterons demain l’Épiphanie, où le Dieu du ciel se laisse voir dans l’enfant de la terre. Ces savants, mages venus d’Orient, se sont mis en route à la suite d’un quelque chose dans le ciel : une étoile, comme une présence de lumière dans la nuit du monde, dans la nuit de l’existence. Ils ont cru à la force d’une lueur et ils ont parcouru des chemins, traversé des vallées, escaladé des montagnes, pourquoi pas ?, pour aller là où l’étoile les conduisait, là où une rencontre les attendait. Parmi les présents qu’ils déposent devant l’enfant, il y a la myrrhe, utilisée à l’époque pour embaumer les corps. Par ce signe, il est rappelé que vie et mort sont les inséparables sœurs de l’existence humaine.

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Entre nuit et lumière : le nez au vent de la promesse

Entre Noël et l’Épiphanie, le temps invite à scruter la nuit pour y découvrir un signe de lumière et d’espoir. Entre l’Ascension et la Pentecôte, cet Entre-Deux invite à l’action, portée par une parole, mieux par une promesse, celle du Ressuscité : « Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ». Cette promesse qui a pris corps dans un nouveau-né au creux d’une mangeoire, qui nous accompagne de notre naissance à notre mort et qui nous ouvre à plus grand que soi, qui dit l’amour toujours.

Aujourd’hui, nous vivons de cette promesse de la présence du Christ ressuscité tous les jours, dans les moments joyeux de la vie comme dans les plus sombres. Dans les fêtes comme dans les deuils, dans la lumière comme dans la nuit, car il brille un quelque chose, parfois tellement discret qu’on peine à le remarquer, un signe qui dit simplement, tout simplement la présence d’un amour éternel.

Amen.

Matthieu 26, 16-20

Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus avait désignée.

Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais quelques-uns eurent des doutes ;

Jésus s’approcha et leur dit : Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre.

Allez, faites des gens de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et de l’Esprit saint, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé. Quant à moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

Livre des Actes des Apôtres 1, 9-11

Après ces mots, Jésus s’éleva vers le ciel pendant que tous le regardaient ; puis un nuage le cacha à leurs yeux.

Ils avaient encore les regards fixés vers le ciel où Jésus s’élevait, quand deux hommes habillés en blanc se trouvèrent tout à coup près d’eux et leur dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? Ce Jésus, qui vous a été enlevé pour aller au ciel, reviendra de la même manière que vous l’avez vu y partir. »

Méditation de Noël : Un Dieu qui bouscule

FÊTE DE NOËL (II)

MÉDITATION. Si Noël n’était qu’un jour dans l’année, ce serait un congé comme un autre. Si Noël n’était qu’une fois dans l’histoire, alors ce serait une commémoration. Noël est une mise en mouvement pour tous les jours à venir et pour toute une vie.


Une promesse au coin des chênes de Mamré (Genèse 18)

Il était une fois un Dieu qui avait décidé de bousculer la vie du monde. Et cela a commencé il y a très longtemps. Ce Dieu-là s’est approché d’un vieillard qui attendait la mort. Il n’espérait plus rien de la vie et avait dû se rendre à l’évidence : sa prière d’un jour d’avoir un fils, un seul, n’avait pas été exaucée. Il s’était fait une raison. Dieu sait. Lui ne savait pas. Ce vieillard s’appelait Abraham.

Un jour, en plein midi, il n’en crut pas ses yeux : des voyageurs improbables passaient à proximité de son campement et les règles de l’hospitalité commandaient de les inviter à s’arrêter, à se reposer, à se rafraîchir, à leur donner à boire et à manger. Ces voyageurs, c’était Dieu qui les envoyait pour faire entendre à Abraham l’improbable : « Tu auras un fils. Bien plus, ta descendance sera aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel ou les grains de sable sur la plage. » Abraham dut se pincer pour être sûr de ne pas rêver et gronder Sarah sa femme qui s’était mise à rire sous cape en entendant de pareils propos, car elle avait atteint depuis longtemps la limite d’âge du plaisir et de l’enfantement.

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Une nouvelle qui tombe du ciel

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FÊTE DE NOËL

Texte du jour : Évangile de Luc 2, 1-13
« N’ayez pas peur. Je viens vous annoncer une bonne nouvelle qui sera une grande joie. »

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Chers Amis, chers frères et sœurs,

Il y a quelques semaines, j’ai rencontré une petite fille qui m’a raconté qu’elle avait regardé, au travers d’un télescope, des étoiles filantes, et qu’elle avait eu très peur que ces étoiles lui tombent sur la tête (voir aussi une méditation précédente).

Imaginez la frayeur qui a dû saisir les bergers, cette nuit-là, quand des messagers leur sont littéralement tombés du ciel. Parce qu’en général, pour eux, et à cette époque-là, ce qui tombait du ciel n’était jamais un heureux événement. Ces bergers avaient sans doute en mémoire des prophéties qui annonçaient plutôt la chute d’étoiles, signes de la fin des temps. Alors, imaginez leur surprise quand ils découvrent des étrangers, des messagers, des anges, dans leur champs, au-dessus de leur tête leur annoncer cette incroyable nouvelle : un Sauveur vous est né. Et quand des chœurs venus d’en-haut se mettent à chanter : « Gloire à Dieu… Paix sur la terre… »

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En Avent !

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TEMPS DE L’AVENT

Prière-méditation personnelle (j’allais écrire médication… Mais pourquoi pas au fond ?)


En Avent !
Ne te retourne pas pour voir les regrets
les choses que tu n’as pas faites
les mots que tu n’as pas dits.

En Avent !
Ne pense plus à ce qui est passé
à ce qui aurait dû être autrement
à ce qui aurait pu être autre chose.

En Avent !
Lève les yeux vers le ciel qui vient à toi
vers un amour qui te dit « Je t’aime »
vers une amour qui naît dans ta vie.

En Avent !
Regarde le chemin que le Seigneur t’ouvre
un pas après l’autre, sans te presser
un pas devant l’autre, Dieu veille et t’accompagne.

En Avent ! En avant !

Préparer sa maison intérieure

TEMPS DE L’AVENT

Texte du jour : Évangile de Matthieu 7, 21.24-27 (texte intégral à la fin)
« C’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux qu’on entrera dans le Royaume. »

Je voudrais partager une expérience personnelle : la construction de notre maison. Un tel projet exige de nombreux préparatifs avant même le premier coup de pelle, avant la pose de la première brique. Et parmi toutes ces étapes, il en est une essentielle, incontournable : connaître la nature du terrain. Bâtirons-nous sur de la marne ? Sur du roc ? Sur une pierre friable ou au contraire dure ? Tout ce temps de préparation est nécessaire et indispensable pour que la maison tienne debout et résiste au temps qui passe.

Les grandes fêtes chrétiennes sont, elles aussi, précédées de temps de préparation : l’Avent nous ouvre à Noël et le Carême à Pâques. Ce sont des occasions d’examiner, toujours et à nouveau, sur quelle(s) base(s) nous bâtissons notre vie d’humains et notre foi de croyants.

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