Prêt au changement ou quand le changement s’impose par lui-même

RÉFLEXION. Ce premier trimestre 2019 est synonyme de changement pour moi : je vivrai une transition vers un autre ministère, un autre canton et une autre Église. Il y a ce sentiment de s’aventurer vers quelque chose de moins connu. C’est cela qui est beau.


Commençons par un gros mot : Kairos !

L’image en tête de cet article provient de la page 7 de la revue Évangile & Liberté, n° 325, janvier 2019. Elle présente en gros plan un mot KAIROS. C’est un mot grec qui signifie : « le moment opportun ». Pourrais-je dire qu’il s’agit d’un temps fugace, et donc insaisissable, où tout peut basculer, où tout peut devenir possible. C’est aussi « le moment choisi par Dieu pour accomplir son projet. » Pourquoi donc retenir ce gros mot théologique (selon la rubrique d’Évangile & Liberté) pour parler de mon changement professionnel ? Parce que ce mot illustre parfaitement les circonstances de mon évolution professionnelle qui m’ont appris que l’attente n’est pas vaine.

Continuer la lecture de Prêt au changement ou quand le changement s’impose par lui-même

Publicités

T’es bon !

RÉFLEXION. C’est marrant ! Cette expression « T’es bon » au masculin met en avant les compétences, les talents, les savoirs. Au féminin, elle devient vulgaire, dégradante et sexiste ! C’est marrant ! En fait, non, pas du tout !!


Une découverte renversante

Il y a quelques jours, j’ai découvert le court-métrage MAJORITÉ OPPRIMÉE d’Éléonore Pourriat (2010). Dix minutes qui claquent comme une gifle ! La réalisatrice aborde le thème du harcèlement et de la violence faite à une moitié de l’humanité en prenant le contrepied : dans une société régie par les femmes, Pierre devient victime de propos sexistes et d’une agression à caractère sexuel. On lui dit même que c’est de sa faute ! C’est violent, c’est cru !

Ma première réaction a été : « C’est quoi ce truc, c’est drôle ?! », sauf que ça n’a pas été drôle longtemps ! Ce film m’a mis mal à l’aise : pourquoi ce qui choque dans la fiction paraît « normal » ou passe inaperçu dans la vraie vie ? Ce film me questionne sur mon rapport aux femmes, la mienne et les autres. Et si j’étais témoin, un jour, d’une scène dérangeante ou de propos violents, de non-respect, aurais-je le cran de réagir, d’élever la voix, de me lever et de mobiliser d’autres ? Euh…

À partager… Et pourtant

Ce court-métrage, un peu tombé dans l’oubli depuis sa réalisation dans le monde francophone, est revenu sur le devant de la scène, les phénomènes #metoo et #balancetonporc ne sont sans doute pas étrangers. Ce film mérite certainement d’être diffusé largement. Et pourtant, le plus vaste réseau social ne le permet pas, parce qu’il contrevient aux standards. Il semblerait, mais je ne l’ai pas expérimenté moi-même, que la tentative de partage bloque son compte. D’un autre côté, je ne dénombre plus les vidéos, blagues et caricatures sexistes qui inondent ce même réseau social sans aucune retenue. Et on « like », on commente, on partage à tout va… !

Point besoin d’en dire plus

En 2010, Éléonore Pourriat frappe les consciences. Elle remet ça, en 2018, avec le film « Je ne suis pas un homme facile », inspiré de son court-métrage. L’année suivante (fin 2011), l’écrivain Stéphane Hessel laissait un cri à ses lecteurs : « Indignez-vous ! ».

Majorité opprimée, en dix minutes à peine, réveille ma conscience, tout comme Indignez-vous ! en quelque vingt pages. Il n’y a pas besoin de s’étaler. Tout est dit ! Choc des images. Choc des mots.

Il n’est point besoin d’en dire plus. J’emprunte à Stéphane Hessel cette citation en guise de conclusion :

Aussi, appelons-nous toujours à « une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. »

(Indignez-vous, p. 18).

 

Où il est question d’enfants et de dignité

RÉFLEXION. Quelques jours après Noël, la RTS a eu la bonne idée de diffuser le même jour deux films touchants et pleins de poésie qui mettaient en scène des enfants, parlaient de dignité et faisaient écho au sens que je donne à Noël. Vous aussi, vous avez peut-être  regardé ces deux films et vous êtes laissés émouvoir.

Des Choristes à Courgette

choristes
source de l’image

Le premier s’intitulait Les Choristes (bande-annonce) et le second Ma vie de Courgette (bande-annonce) . Il y a des parallèles évidents entre les deux, à près de douze ans d’écart. Ils relatent le quotidien d’enfants placés dans des institutions d’éducation parce que leurs familles sont absentes ou si peu présentes. L’orphelinat de Courgette paraît plus accueillant que l’internat du Fond de l’Étang. Marrant de voir les deux directeurs sous un jour sévère et même méchant pour Rachin, François Berléand, le dirlo des Choristes. L’intrigue tourne autour d’un enfant qui va retrouver un père en la personne d’un « sauveur » : le policier Raymond pour Courgette et le pion Clément Mathieu (interprété par Gérard Jugnot) pour le petit Pepino. Ils feront entrevoir ainsi un avenir encore possible, la perspective d’une nouvelle famille loin du modèle que les jeunes têtes blondes (ou bleue) ont connu. Les enfants donneront, à leur tour, une identité de père à ces adultes, eux aussi en rupture. Je n’en dis pas plus, si vous n’avez pas vu les films, je vous laisserai les découvrir.

courgette
source de l’image

Et Noël dans tout ça ?

Voilà que ces deux histoires alimentent ma réflexion à propos de Noël et de la famille. Et ce 30 décembre, nos frères et sœurs catholiques fêtaient la Sainte Famille. Un enfant. Un fils, un père, un avenir, des lieux peu accueillants, franchement, cela ne vous rappelle rien ? Je doute que les réalisateurs aient voulu consciemment établir des ponts vers la Nativité, mais ils l’ont fait. La famille reste au centre de l’attention de Jésus devenu adulte. Je pense encore à cette veuve de Naïn qui a croisé le chemin du Sauveur et qui a retrouvé son fils (Luc 7, 11-17) ou à Jaïrus, chef de la synagogue, dont la fille a été réveillée de la mort (Luc 8, 40-54).

La dignité !

Au début de ce billet, et dans cet autre, j’ai parlé de dignité. En effet, les enfants ne sont plus reconnus pour ce qu’ils sont soit au sein de l’internat, soit de leur famille (voyez la tante de Camille la petite amie de Courgette), ils deviennent des objets ou des souffre-douleurs, des maudits. Les « sauveurs » vont ainsi les voir sous un jour différent : ils leur rendront la dignité qui leur revient, celle d’enfant, de personnes à part entière. Cela me fait évidemment penser à toutes ces personnes jeunes ou non, hommes ou femmes, à qui Jésus a rendu leur place sous le regard de son Père et dans la communauté d’abord,  puis dans la société. Et ainsi, un avenir se dessine pour eux au-delà des murs des institutions, au-delà des brimades et des violences passées ou présentes, au-delà de l’aveuglement des foules. Bartimée (Marc 10, 46-52) reste pour moi un de ces témoins qui a vu un avenir se dessiner.

L’enfant, le plus grand

Il y est aussi question de dignité dans la grandeur des petits. Cela me rappelle cet épisode (parmi d’autres) où Jésus, répondant à la question de ses disciples de savoir qui est le plus grand, place au milieu un enfant comme modèle à suivre, renversant au passage les critères de premier (plus méritant) et de dernier (moins méritant). Et Noël commence par un enfant qui dit, dans sa fragilité et sa petitesse, la grandeur d’un amour infini d’un Dieu qui se veut Père (et Mère) pour chacun de nous.

Tenir un blog ne sert à rien.

RÉFLEXION. Être présent d’une manière ou d’une autre sur internet et les réseaux sociaux, cela a-t-il du sens ? Parce que ce que je partage n’est pas plus grand qu’une minuscule goutte d’eau dans l’océan du net. Est-ce que j’apparaîtrai dans les résultats d’un grand moteur de recherche ? Est-ce que je cherche une gloire quelconque ?

Article peut-être inutile. Peut-être pas.


20170804_200605

Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera annoncée dans le monde entier
pour que le témoignage en soit présenté à tous les peuples.
Et alors viendra la fin. – Mt 24,14

Est-ce parce que le temps de l’Avent nous invite à la vigilance et à rester (ou à redevenir) en éveil que le web protestant romand a connu ces dernières semaines quelques soubresauts ?

Personnellement, ce temps de l’Avent me parle aussi de l’annonce d’une Bonne Nouvelle qui a à être annoncée dans le monde entier. Mais qu’entend-on par « le monde entier » ? Certaines traductions montrent tout l’éventail des nuances : les peuples (français courant) ; les nations (Colombe et Segond) ; ceux qui ne connaissent pas Dieu (Parole de Vie) ; païens (TOB 2010).
Et aujourd’hui, sans doute encore plus qu’hier, le monde ne s’arrête pas à ses limites terrestres. Daniel Bourguet nous rappelle aussi dans l’un de ses livres qu’une terre à « conquérir » existe en nous-mêmes, au plus intime, et que celle-ci constitue aussi les confins du monde.
Et ce n’est pas fini : il y a un autre monde, que dis-je un univers, à parcourir : le web. Ce « monde » ne rassemble-t-il pas les peuples au-delà des ethnies ? Les nations au-delà des frontières ? Les chercheurs de Dieu ? Les « sans-Dieu » quoique…

Mais devant l’ampleur de la tâche, ou l’immensité du territoire, on peut s’interroger, à juste titre sur la pertinence d’y être présent en tant que chrétien : cela prend du temps, réduit les opportunités de vraies rencontres en chair et en chaire… Mais il y a aussi des raisons (au moins 5) d’y être.

Et bien, j’ai décidé d’y être et d’être de ceux qui tiennent un blog pour quelques bonnes raisons. Oui, je sais, d’autres se sont déjà prêtés à l’exercice, mais je le fais pour moi d’abord (me convaincre ? ) et pour vous, lecteurs (vous convaincre ?) :

1. J’ai des choses à dire

Au nom de ma foi, de mes convictions, au gré de mes humeurs. Et ces choses pourraient rejoindre d’autres qui les partagent, les discutent, les commentent.. Allez savoir.

2. J’aime écrire

Je pourrais le faire dans des cahiers que j’entasserais ou cacherais au fond d’un tiroir. Bien sûr ! Mais je veux croire que ce que je dis peut intéresser quelqu’un quelque part à un moment donné (Merci à Stéphane Briot de me rappeler la confiance en soi). Allez savoir.

3. J’ai envie de participer

Être de ceux qui sont « vigilants » et qui sont convaincus qu’il n’y a pas d’effort qui n’en vaille pas la peine. Allez savoir.

4. J’aimerais laisser une trace

C’est sans doute prétentieux, mais je me dis qu’un jour peut-être mes réflexions pourraient servir à des archéologues du web qui retrouveraient des vestiges d’Églises réformées en Suisse. Allez savoir.

5. Il y a sans doute d’autres raisons.

Laissez-moi un peu de temps pour y réfléchir. Je compléterai.