Ma vie de diacre. À l’heure du bilan. #1

DIACONAT. À l’heure de quitter mon ministère d’aumônier auprès des aînés et l’Église cantonale qui m’a permis d’y entrer (ndlr : pardonnez le jeu de mot entre quitter et entrer), il est temps de faire le bilan. Oh, pas pour me glorifier, mais en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur.


Voilà dix ans et quelques mois que je suis entré dans l’aumônerie auprès des aînés. Dans le jargon institutionnel, on dit : aumônerie en EMS. J’y ai fait mes premières armes, tout en suivant la formation diaconale en cours d’emploi. Avec le recul, je considère la situation inconfortable : du côté des établissements de soins, je suis le professionnel qui sait, un expert, et du côté de l’office qui me forme, un apprenant qui a le droit de faire faux, de se tromper, de tester.  J’ai fait avec…

Je renonce à compter les cultes, célébrations et cérémonies diverses que j’ai présidées, les visites aux résidents, les entretiens et discussions avec les familles (à leur demande ou au hasard des rencontres), les fêtes en tous genres organisées par les EMS eux-mêmes. Il y en a eu beaucoup et cela suffit.

Ce que je retiens, par contre, c’est le lien de confiance qui s’est tissé avec les résidents. Et pas plus tard que tout à l’heure, au moment de dire « à-Dieu », ces mots qui touchent en plein cœur : « On va vous regretter et Merci pour tout ! » La complicité avec des animateurs et animatrices, des soignants… « Merci ! » et je leur retourne le compliment.

Il y a eu, et c’est normal paraît-il, ces coups de blues. Ces moments où j’ai eu l’impression de passer à côté, d’avoir manqué l’essentiel. Et où j’ai été tout surpris d’entendre que j’ai fait du bien. Je vais oublier, si je peux, ces réunions ou autres colloques qui laissent le goût de « tout ça pour ça ! » Je ne garde pas rancune d’une reconnaissance à géométrie variable de la part des soignants.

On se quitte, oui, et c’est un vrai choix, j’ai déjà eu l’occasion de l’affirmer. On se quitte, mais on ne s’oublie pas. Pour ma part, je débarquerai dans ma nouvelle paroisse avec un gros sac à dos virtuel rempli de tous ces souvenirs, de tous ces visages. Certains regards se sont fermés pour rejoindre le mystère de Dieu. D’autres sont là encore et bien présents. Ils m’ont tant appris, ces « vieillards » qui ont relu une partie de leur vie avec une lucidité parfois déconcertante.  Ces hommes et ces femmes m’ont donné une leçon de sagesse (j’ai encore l’âge d’apprendre) : « Quand on croit avoir enfin tout compris, on découvre qu’on n’a rien compris… »

Moi un spécialiste ? Un professionnel qui sait ? Un expert ? Allons donc ! Oui, j’ai suivi des formations variées. Oui, j’ai acquis des savoirs, des compétences. Oui, j’ai évolué et progressé. Mais surtout, j’apprends toujours et encore à être humain… juste humain. Et cela suffit.

À suivre…

Une résolution, une seule : se mettre en route

Texte : Evangile de Matthieu 2, 1-12
Voici que des mages arrivèrent d’Orient à Jérusalem et demandèret : « Où est le Roi des juifs qui vient de naître ? »

En ce début d’année, peut-être avez-vous pris de bonnes résolutions. Ou pas ! Les résolutions restent souvent des vœux pieux et elles durent… ce qu’elles durent, c’est-à-dire pas très longtemps, ne changeant pas grand-chose à notre existence.

Ces voyageurs venus de loin, ces savants du ciel, ont pris, eux, une résolution qui a changé leur vie : ils se sont mis en route pour aller à la rencontre du « Roi des juifs ». Leur voyage les a fait rencontrer un roi d’abord, un parmi ceux du monde : Hérode, mais ce n’était pas celui qu’ils cherchaient. Ils ont rencontré ensuite d’autres « savants », ceux des Écritures, qui leur ont indiqué une direction, un lieu : Bethléem. Enfin, ils ont rencontré celui qu’ils cherchaient : un enfant venant de naître.

Ce récit de la visite des mages me fait penser à notre vie à tous, faite de rencontres, à différents moments. De ces rencontres qui peuvent tout changer. Parfois, elles peuvent nous égarer, évidemment. D’autres fois, elles nous feront avancer, elles nous conduiront à d’autres rencontres. Ce qui compte, c’est d’être en marche, en mouvement, que ce soit physiquement ou par la foi. Se laisser interpeller par une parole, un texte, par un geste, c’est aussi être en marche dans la foi. Une marche qui nous conduit à l’enfant que Dieu a fait naître dans notre humanité : Jésus-Christ. L’enfant dans lequel Dieu se laisse rencontrer.
Aujourd’hui, nous pourrions peut-être prendre la résolution de nous mettre en route à notre tour pour découvrir Dieu et lui faire cadeau de notre seul trésor : un coeur ouvert et prêt à l’accueillir.

En marche pour dire Dieu, si c’était possible…
• Dans l’immensité d’un ciel étoilé, pour dire la grandeur de Dieu.
• Dans la création toute entière, pour dire la beauté de Dieu.
• Dans la naissance de son Fils, pour dire l’amour de Dieu.
• Dans les visages que nous rencontrons, pour dire la proximité de Dieu.
• Dans le secret de la prière pour dire la profondeur de Dieu.
• Dans l’imprévu, pour dire l’inattendu de Dieu.
• Dans chaque moment de notre vie, pour dire la promesse de Dieu.
Cette rencontre changera certainement notre regard sur la vie et le
monde et nous fera découvrir un autre chemin avec Lui.

De Noël à l’Epiphanie. Episode 1

Traditionnellement, le calendrier de l’Avent se termine le 24 ou le 25 décembre. Et si nous cheminions encore quelques jours dans l’atmosphère de cette Bonne Nouvelle ?

26 DECEMBRE, LENDEMAIN DE NOËL
Les bergers ont entendu l’appel des anges et se sont mis en route pour aller à la rencontre du Sauveur (Luc 2).
Longtemps avant eux, Moïse, un autre berger, a fait l’expérience de la rencontre avec Dieu dans le feu d’un buisson (Exode 3).

Aujourd’hui, à l’image des bergers, nous sommes en route et invités, nous aussi, à faire l’expérience de la rencontre du Divin dans ce qui brûle au plus profond de notre être :
la vie, l’amour, la foi, l’espérance.