Médithéo… Quoi ?

MEDITHEOBLOG… Quel mot étrange !

On y entend MÉDITATION, THÉOLOGIE et BLOG.
C’est un peu tout cela et sans doute bien plus encore.

Un espace de partage de considérations humaines et théologiques.

Le blog d’un diacre réformé convaincu
qu’il y a plus de bonheur à partager ses réflexions et sa foi
qu’à rester tout seul dans son coin.

ICI S’ARRÊTE L’AVENTURE MEDITHEOBLOG,
MAIS L’HISTOIRE N’EST PAS FINIE.

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Au plaisir de vous y retrouver.

Ma vie de diacre. À l’heure du bilan #2

DIACONAT. À l’heure de ma transition professionnelle, je fais le bilan de mes activités au sein de l’Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel. Pas pour me glorifier, non ! Mais pour dire ma reconnaissance.


Dans un précédent billet, j’ai parlé de mon engagement auprès des aînés. Pendant un peu plus de deux ans, j’ai aussi participé à l’animation du groupe de jeunes Tourbillon, âgés de 11 à 14 ans. Je ne vous cache pas que ça me changeait du rythme des homes, mais les questions, au final, se rejoignaient, avec d’autres mots, mais quand même : pourquoi on vit si vieux ? Pourquoi on souffre ? Qu’y a-t-il après la mort ? Qu’est-ce qu’il y avait avant Dieu ? Est-ce que Dieu a créé les dinosaures ? Est-ce qu’il y a vraiment un Créateur, au regard de la science ? Alors, j’ai cheminé au pas de chacun. Laissant souvent les réponses ou les non-réponses venir d’elles-mêmes et prendre conscience qu’une question sans réponse, un doute, n’empêchent pas de croire.

Je suis particulièrement fier de ce que nous, les moniteurs et monitrices et les jeunes du groupe Tourbillon avons réalisé pour le Culte cantonal de l’EREN en 2014 au temple du Locle. J’avais lancé l’idée de réalisé des vidéos de Jeux de mains. Comment dire l’amour (c’était le thème du culte, parce que Le Locle est la capitale mondiale auto-proclamée de la Saint-Valentin) ? Et ce rendez-vous cantonal a fait la part belle aux enfants et aux jeunes.

Nous avons laissé la liberté aux jeunes de créer de toutes pièces des histoires qui se sont révélées pertinentes et touchantes. Un rythme lent qui permettait de s’imprégner de ce qui était projeté. Et ça a marché. On a reçu de nombreux échos très positifs et cela a été une belle récompense pour ces jeunes. J’ai découvert avec eux une foi en… (je n’ose pas dire Dieu, parce que tous ne s’y référaient pas), mais une foi certaine… en la vie, en l’amour.

Les fondamentaux bibliques ne sont plus évidents : Abraham, Moïse, Ruth… C’est qui ? Des histoires qui sonnent un peu bizarres, parce qu’elles sont vieilles… Alors, on tente de revenir à aujourd’hui, à ce qu’elles nous disent, ces histoires, pour nous. Oui, pour toi, pour moi. Et tant pis, ou heureusement, si on se trompe…

Bien sûr, quand on travaille avec des jeunes pré-adolescents, il faut faire de la discipline, rappeler les principes de fonctionnement du groupe qui ont été négociés avec eux. Il faut parfois tout arrêter, parce que ça dégénère… Élever la voix (c’est arrivé), revenir à un savoir-vire ensemble qui n’est pas une évidence à cet âge-là. Et tout cela, ça pompe de l’énergie ! Mais, au final et avec le recul, nous les moniteurs, nous avons beaucoup appris et c’est cela qui est beau ! Je me suis souvent surpris à repenser à cet épisode où Jésus place un enfant au milieu de ses disciples, les invitant à être comme lui pour entrer dans le Royaume. Quelle leçon !

À vous tous, jeunes et moins jeunes, je vous dis : MERCI!

À suivre…

Ma vie de diacre. À l’heure du bilan. #1

DIACONAT. À l’heure de quitter mon ministère d’aumônier auprès des aînés et l’Église cantonale qui m’a permis d’y entrer (ndlr : pardonnez le jeu de mot entre quitter et entrer), il est temps de faire le bilan. Oh, pas pour me glorifier, mais en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur.


Voilà dix ans et quelques mois que je suis entré dans l’aumônerie auprès des aînés. Dans le jargon institutionnel, on dit : aumônerie en EMS. J’y ai fait mes premières armes, tout en suivant la formation diaconale en cours d’emploi. Avec le recul, je considère la situation inconfortable : du côté des établissements de soins, je suis le professionnel qui sait, un expert, et du côté de l’office qui me forme, un apprenant qui a le droit de faire faux, de se tromper, de tester.  J’ai fait avec…

Je renonce à compter les cultes, célébrations et cérémonies diverses que j’ai présidées, les visites aux résidents, les entretiens et discussions avec les familles (à leur demande ou au hasard des rencontres), les fêtes en tous genres organisées par les EMS eux-mêmes. Il y en a eu beaucoup et cela suffit.

Ce que je retiens, par contre, c’est le lien de confiance qui s’est tissé avec les résidents. Et pas plus tard que tout à l’heure, au moment de dire « à-Dieu », ces mots qui touchent en plein cœur : « On va vous regretter et Merci pour tout ! » La complicité avec des animateurs et animatrices, des soignants… « Merci ! » et je leur retourne le compliment.

Il y a eu, et c’est normal paraît-il, ces coups de blues. Ces moments où j’ai eu l’impression de passer à côté, d’avoir manqué l’essentiel. Et où j’ai été tout surpris d’entendre que j’ai fait du bien. Je vais oublier, si je peux, ces réunions ou autres colloques qui laissent le goût de « tout ça pour ça ! » Je ne garde pas rancune d’une reconnaissance à géométrie variable de la part des soignants.

On se quitte, oui, et c’est un vrai choix, j’ai déjà eu l’occasion de l’affirmer. On se quitte, mais on ne s’oublie pas. Pour ma part, je débarquerai dans ma nouvelle paroisse avec un gros sac à dos virtuel rempli de tous ces souvenirs, de tous ces visages. Certains regards se sont fermés pour rejoindre le mystère de Dieu. D’autres sont là encore et bien présents. Ils m’ont tant appris, ces « vieillards » qui ont relu une partie de leur vie avec une lucidité parfois déconcertante.  Ces hommes et ces femmes m’ont donné une leçon de sagesse (j’ai encore l’âge d’apprendre) : « Quand on croit avoir enfin tout compris, on découvre qu’on n’a rien compris… »

Moi un spécialiste ? Un professionnel qui sait ? Un expert ? Allons donc ! Oui, j’ai suivi des formations variées. Oui, j’ai acquis des savoirs, des compétences. Oui, j’ai évolué et progressé. Mais surtout, j’apprends toujours et encore à être humain… juste humain. Et cela suffit.

À suivre…

Que tous nous soyons un, pour que le monde croie !

MÉDITATION. À l’occasion de ma dernière célébration œcuménique dans un home, j’ai choisi de reprendre l’image du corps. Belle image d’un organisme qui vit, qui respire la Vie, celle que Dieu donne… au monde.


Textes du jour : Première lettre aux Corinthiens 12, 12-30 |
Évangile de Jean 17, 20-23 (textes intégraux à la fin)

« Pour qu’ils parviennent à l’unité parfaite. »

Ce qu’est le corps: une évidence!

Notre corps est formé de plusieurs membres et organes. Nous le savons bien. Chacun est essentiel et important. Tous sont reliés les uns aux autres par des muscles, des tendons, des veines et des artères, de la chair. Et cette magnifique mécanique est animée par notre cœur qui bat et le souffle de notre respiration. Y fait-on seulement attention quand tout va bien ? Il suffit qu’un accident nous prive momentanément d’un de nos membres pour ressentir le manque: on est d’abord maladroit, gêné, puis on apprend à faire avec, ou plutôt sans, et autrement. Le corps formé de plusieurs parties, voilà une évidence que nous pouvons tous constater pour nous-mêmes et pour les autres. On pourrait prétendre que Paul n’est pas allé chercher très loin cette image. Elle affirme qu’aucun n’est trop petit pour ne pas faire partie intégrante de ce corps. Elle est pertinente, cette image parce qu’elle marque les esprits. Plus c’est simple, plus c’est compréhensible ! Les professionnels de la communication vous le diront.

Mais la comparaison va plus loin. Elle parle de notre unité de croyants comme corps… du Christ, uni par un même Esprit au-delà des différences culturelles ou sociales, au-delà des origines ou des langues. Car, tous nous sommes parties de ce corps, chacun pour sa part animé par la foi en Jésus-Christ mort et ressuscité.

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Entre enthousiasme et (risque d’) épuisement : l’histoire du buisson

DIACONAT. La transition professionnelle génère un sentiment d’impatience, parce que je vais vers un nouvel horizon (et je m’y vois déjà) et un risque d’épuisement, parce je dois être encore là où je suis, tentant de tout mettre en ordre en vue de la transmission.


Quand les choses se précisent… Ou pas !

Mon nouveau lieu de travail sera la paroisse réformée de La Neuveville et le Plateau de Diesse et environs, regroupés sous la jolie expression de Lac-en-Ciel (Églises réformées Berne-Jura-Soleure) dès le 1er mars prochain. Et depuis la reprise, au début du mois de janvier, je vis un temps qui oscille entre l’enthousiasme et le risque (je dis bien le risque) d’épuisement. Il y a des choses à faire, parce que je suis encore là, ou sur le point de ne plus l’être et d’autres à penser, prévoir, organiser ; des rendez-vous à fixer parce que je suis sur le point d’être là. Ainsi, je mets à la fois de l’ordre dans mes affaires et je classe ce que le conseil paroissial de La Neuveville, fort bienveillant, m’envoie à titre d’information (pour l’instant).

Quand présent et futur se marient pour le meilleur

Je suis donc partagé entre l’envie d’y être déjà et celle, non moins forte, de bien partir. Il y a dans les deux de l’enthousiasme et de l’épuisement.

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Tout commence, mais pour aller où ?

MÉDITATION. L’Épiphanie nous parle de la venue de savants qui ont quitté leur pays pour venir adorer celui qu’ils appellent le roi des juifs. Longtemps avant eux, un homme et sa famille reçoit aussi l’appel à quitter son pays.


Textes du jour : Genèse 12, 1-9 | Matthieu 2, 1-12
« Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père et va dans le pays que je te montrerai. »

Préparer le terrain des consciences

Dans un précédent billet, j’ai parlé de mon changement d’insertion professionnelle. C’est le moment de préparer les résidents que je côtoie depuis longtemps pour certains à mon départ. Ce sera un profonds changement autan pour moi que pour eux. L’appel que le Seigneur adresse à Abram (qui n’est pas encore Abraham) m’y aide.

Toute année, comme tout voyage, comporte une part d’inattendu, d’espérance, de crainte aussi peut-être : que nous réserveront ces douze mois à venir ? Nous sommes en marche vers un avenir inconnu, mais pas vide. Car Dieu veille. Il nous précède, il nous accompagne, il nous pousse en avant.

Tous des voyageurs sur la terre

Ne ressemblons-nous pas à Abram qui se voit appelé à quitter le lieu qu’il connaît, ses repères, ses sécurités pour se mettre en route vers un pays encore inconnu ? Ne sommes-nous pas à l’image des sages venus d’Orient, suivant un signe dans le ciel vers une rencontre dont ils ne savent rien ?

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Prêt au changement ou quand le changement s’impose par lui-même

RÉFLEXION. Ce premier trimestre 2019 est synonyme de changement pour moi : je vivrai une transition vers un autre ministère, un autre canton et une autre Église. Il y a ce sentiment de s’aventurer vers quelque chose de moins connu. C’est cela qui est beau.


Commençons par un gros mot : Kairos !

L’image en tête de cet article provient de la page 7 de la revue Évangile & Liberté, n° 325, janvier 2019. Elle présente en gros plan un mot KAIROS. C’est un mot grec qui signifie : « le moment opportun ». Pourrais-je dire qu’il s’agit d’un temps fugace, et donc insaisissable, où tout peut basculer, où tout peut devenir possible. C’est aussi « le moment choisi par Dieu pour accomplir son projet. » Pourquoi donc retenir ce gros mot théologique (selon la rubrique d’Évangile & Liberté) pour parler de mon changement professionnel ? Parce que ce mot illustre parfaitement les circonstances de mon évolution professionnelle qui m’ont appris que l’attente n’est pas vaine.

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Les pieds sur terre, les yeux au ciel

MÉDITATION. À la veille de fêter l’Épiphanie, je suis sollicité pour célébrer une cérémonie d’adieux. On évoque la montagne. Il y a bien le psaume 121 « Je lève les yeux vers les montagnes… » Mais, il y en a une autre de montagne qui, soudain, fait écho à la venue des mages. Je m’y risque.


Textes du jour : Évangile de Matthieu 26, 16-20 |
Actes des Apôtres 1, 9-11

« Pourquoi restez-vous à regarder le ciel ? » (textes intégraux à la fin)

Entre ciel et terre à l’Ascension : le nez dans les nuages

Il m’arrive de prendre un peu de hauteur, en me baladant du côté de La Petite-Joux (point de vue des photos), de Sommartel ou de La Tourne et de m’arrêter pour contempler le paysage, les montagnes surtout qui se découpent, par beau temps, sur un ciel azur. Je ressens alors quelque chose de plus grand que moi. Vous avez certainement, vous aussi, expérimenté ce sentiment, ici ou ailleurs : ce quelque chose de plus grand qui nous dépasse et que nous avons de la peine à nommer : la beauté, la grandeur, la force pour les uns. Dieu, le Maître, le Grand Architecte pour d’autres, le silence tout simplement quand les mots ne suffisent plus.

Et là, regardant les montagnes, je me sens dans un Entre-Deux : les pieds bien posés sur le sol, le regard et l’esprit tendus vers le ciel. Un peu à l’image des onze ce jour-là, sur la montagne où leur Maître les a quittés.

Les textes bibliques que nous venons d’entendre relatent l’Ascension du Christ. Ils nous font lever le regard vers le ciel dans l’attente de quelque chose, mais les messagers viennent rappeler aux disciples et aux foules et à nous qu’il faut retourner dans le quotidien de la vie : « Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » Il s’agit de poursuivre ce qui a été commencé. L’ascension inaugure le temps de l’Entre-Deux, dans l’attente de la venue de l’Esprit-Saint. Dans l’attente d’une rencontre promise. Une attente active où chacun est acteur et non seul spectateur.

Mais ce n’est pas vraiment de saison !

Entre ciel et terre à l’Épiphanie : le nez dans les étoiles

Revenons à aujourd’hui : nous sommes aussi dans un Entre-Deux : nous avons fêté la naissance du Fils de Dieu il y a quelques jours à Noël, et nous fêterons demain l’Épiphanie, où le Dieu du ciel se laisse voir dans l’enfant de la terre. Ces savants, mages venus d’Orient, se sont mis en route à la suite d’un quelque chose dans le ciel : une étoile, comme une présence de lumière dans la nuit du monde, dans la nuit de l’existence. Ils ont cru à la force d’une lueur et ils ont parcouru des chemins, traversé des vallées, escaladé des montagnes, pourquoi pas ?, pour aller là où l’étoile les conduisait, là où une rencontre les attendait. Parmi les présents qu’ils déposent devant l’enfant, il y a la myrrhe, utilisée à l’époque pour embaumer les corps. Par ce signe, il est rappelé que vie et mort sont les inséparables sœurs de l’existence humaine.

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Entre nuit et lumière : le nez au vent de la promesse

Entre Noël et l’Épiphanie, le temps invite à scruter la nuit pour y découvrir un signe de lumière et d’espoir. Entre l’Ascension et la Pentecôte, cet Entre-Deux invite à l’action, portée par une parole, mieux par une promesse, celle du Ressuscité : « Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ». Cette promesse qui a pris corps dans un nouveau-né au creux d’une mangeoire, qui nous accompagne de notre naissance à notre mort et qui nous ouvre à plus grand que soi, qui dit l’amour toujours.

Aujourd’hui, nous vivons de cette promesse de la présence du Christ ressuscité tous les jours, dans les moments joyeux de la vie comme dans les plus sombres. Dans les fêtes comme dans les deuils, dans la lumière comme dans la nuit, car il brille un quelque chose, parfois tellement discret qu’on peine à le remarquer, un signe qui dit simplement, tout simplement la présence d’un amour éternel.

Amen.

Matthieu 26, 16-20

Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus avait désignée.

Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais quelques-uns eurent des doutes ;

Jésus s’approcha et leur dit : Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre.

Allez, faites des gens de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et de l’Esprit saint, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé. Quant à moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

Livre des Actes des Apôtres 1, 9-11

Après ces mots, Jésus s’éleva vers le ciel pendant que tous le regardaient ; puis un nuage le cacha à leurs yeux.

Ils avaient encore les regards fixés vers le ciel où Jésus s’élevait, quand deux hommes habillés en blanc se trouvèrent tout à coup près d’eux et leur dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? Ce Jésus, qui vous a été enlevé pour aller au ciel, reviendra de la même manière que vous l’avez vu y partir. »

T’es bon !

RÉFLEXION. C’est marrant ! Cette expression « T’es bon » au masculin met en avant les compétences, les talents, les savoirs. Au féminin, elle devient vulgaire, dégradante et sexiste ! C’est marrant ! En fait, non, pas du tout !!


Une découverte renversante

Il y a quelques jours, j’ai découvert le court-métrage MAJORITÉ OPPRIMÉE d’Éléonore Pourriat (2010). Dix minutes qui claquent comme une gifle ! La réalisatrice aborde le thème du harcèlement et de la violence faite à une moitié de l’humanité en prenant le contrepied : dans une société régie par les femmes, Pierre devient victime de propos sexistes et d’une agression à caractère sexuel. On lui dit même que c’est de sa faute ! C’est violent, c’est cru !

Ma première réaction a été : « C’est quoi ce truc, c’est drôle ?! », sauf que ça n’a pas été drôle longtemps ! Ce film m’a mis mal à l’aise : pourquoi ce qui choque dans la fiction paraît « normal » ou passe inaperçu dans la vraie vie ? Ce film me questionne sur mon rapport aux femmes, la mienne et les autres. Et si j’étais témoin, un jour, d’une scène dérangeante ou de propos violents, de non-respect, aurais-je le cran de réagir, d’élever la voix, de me lever et de mobiliser d’autres ? Euh…

À partager… Et pourtant

Ce court-métrage, un peu tombé dans l’oubli depuis sa réalisation dans le monde francophone, est revenu sur le devant de la scène, les phénomènes #metoo et #balancetonporc ne sont sans doute pas étrangers. Ce film mérite certainement d’être diffusé largement. Et pourtant, le plus vaste réseau social ne le permet pas, parce qu’il contrevient aux standards. Il semblerait, mais je ne l’ai pas expérimenté moi-même, que la tentative de partage bloque son compte. D’un autre côté, je ne dénombre plus les vidéos, blagues et caricatures sexistes qui inondent ce même réseau social sans aucune retenue. Et on « like », on commente, on partage à tout va… !

Point besoin d’en dire plus

En 2010, Éléonore Pourriat frappe les consciences. Elle remet ça, en 2018, avec le film « Je ne suis pas un homme facile », inspiré de son court-métrage. L’année suivante (fin 2011), l’écrivain Stéphane Hessel laissait un cri à ses lecteurs : « Indignez-vous ! ».

Majorité opprimée, en dix minutes à peine, réveille ma conscience, tout comme Indignez-vous ! en quelque vingt pages. Il n’y a pas besoin de s’étaler. Tout est dit ! Choc des images. Choc des mots.

Il n’est point besoin d’en dire plus. J’emprunte à Stéphane Hessel cette citation en guise de conclusion :

Aussi, appelons-nous toujours à « une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. »

(Indignez-vous, p. 18).

 

Où il est question d’enfants et de dignité

RÉFLEXION. Quelques jours après Noël, la RTS a eu la bonne idée de diffuser le même jour deux films touchants et pleins de poésie qui mettaient en scène des enfants, parlaient de dignité et faisaient écho au sens que je donne à Noël. Vous aussi, vous avez peut-être  regardé ces deux films et vous êtes laissés émouvoir.

Des Choristes à Courgette

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source de l’image

Le premier s’intitulait Les Choristes (bande-annonce) et le second Ma vie de Courgette (bande-annonce) . Il y a des parallèles évidents entre les deux, à près de douze ans d’écart. Ils relatent le quotidien d’enfants placés dans des institutions d’éducation parce que leurs familles sont absentes ou si peu présentes. L’orphelinat de Courgette paraît plus accueillant que l’internat du Fond de l’Étang. Marrant de voir les deux directeurs sous un jour sévère et même méchant pour Rachin, François Berléand, le dirlo des Choristes. L’intrigue tourne autour d’un enfant qui va retrouver un père en la personne d’un « sauveur » : le policier Raymond pour Courgette et le pion Clément Mathieu (interprété par Gérard Jugnot) pour le petit Pepino. Ils feront entrevoir ainsi un avenir encore possible, la perspective d’une nouvelle famille loin du modèle que les jeunes têtes blondes (ou bleue) ont connu. Les enfants donneront, à leur tour, une identité de père à ces adultes, eux aussi en rupture. Je n’en dis pas plus, si vous n’avez pas vu les films, je vous laisserai les découvrir.

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source de l’image

Et Noël dans tout ça ?

Voilà que ces deux histoires alimentent ma réflexion à propos de Noël et de la famille. Et ce 30 décembre, nos frères et sœurs catholiques fêtaient la Sainte Famille. Un enfant. Un fils, un père, un avenir, des lieux peu accueillants, franchement, cela ne vous rappelle rien ? Je doute que les réalisateurs aient voulu consciemment établir des ponts vers la Nativité, mais ils l’ont fait. La famille reste au centre de l’attention de Jésus devenu adulte. Je pense encore à cette veuve de Naïn qui a croisé le chemin du Sauveur et qui a retrouvé son fils (Luc 7, 11-17) ou à Jaïrus, chef de la synagogue, dont la fille a été réveillée de la mort (Luc 8, 40-54).

La dignité !

Au début de ce billet, et dans cet autre, j’ai parlé de dignité. En effet, les enfants ne sont plus reconnus pour ce qu’ils sont soit au sein de l’internat, soit de leur famille (voyez la tante de Camille la petite amie de Courgette), ils deviennent des objets ou des souffre-douleurs, des maudits. Les « sauveurs » vont ainsi les voir sous un jour différent : ils leur rendront la dignité qui leur revient, celle d’enfant, de personnes à part entière. Cela me fait évidemment penser à toutes ces personnes jeunes ou non, hommes ou femmes, à qui Jésus a rendu leur place sous le regard de son Père et dans la communauté d’abord,  puis dans la société. Et ainsi, un avenir se dessine pour eux au-delà des murs des institutions, au-delà des brimades et des violences passées ou présentes, au-delà de l’aveuglement des foules. Bartimée (Marc 10, 46-52) reste pour moi un de ces témoins qui a vu un avenir se dessiner.

L’enfant, le plus grand

Il y est aussi question de dignité dans la grandeur des petits. Cela me rappelle cet épisode (parmi d’autres) où Jésus, répondant à la question de ses disciples de savoir qui est le plus grand, place au milieu un enfant comme modèle à suivre, renversant au passage les critères de premier (plus méritant) et de dernier (moins méritant). Et Noël commence par un enfant qui dit, dans sa fragilité et sa petitesse, la grandeur d’un amour infini d’un Dieu qui se veut Père (et Mère) pour chacun de nous.

Le sens de ma vie

DIACONAT. Il en va du diaconat en général comme de la question du sens de la vie. Une question au(x) réponse(s) impossible(s). Alors, j’essaie de trouver le sens que je donne à mon diaconat aujourd’hui et là où je suis.


Le sens de la vie pour moi

« La vie a-t-elle du sens ou un sens ? » Posée ainsi la question n’a pas de réponse pertinente. Qu’on soit philosophe, théologien, diacre ou humain. Tout simplement, parce que la vie n’est pas une donnée objective pour tout le monde. Chacun.e a une vie à laquelle il/elle donne ou trouve du sens. Encore faut-il s’entendre sur la signification du mot « sens » : cause (pourquoi ?), direction (pour quoi ?), et si on le comprenait au pluriel, les sens ? Heureusement, si on ne la trouve pas, l’image de cet article nous donne la réponse que nous cherchons tous. Mais revenons à ces questions qui nous travaillent. J’en sélectionne 3 (c’est bien 3) :

  1. Qu’est-ce qui fait que je me lève le matin ?
  2. Qu’est-ce qui m’enthousiasme ? Qu’est-ce qui me met en colère ?
  3. Qu’est-ce que j’ai (vraiment) envie de faire pour changer le monde, ou au moins là où je suis ?

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