Médithéo… Quoi ?

Ce blog s’est appelé MEDITHEOBLOG… C’est d’ailleurs encore son adresse actuelle. MEDITHEOBLOG ? Quel mot étrange ! C’est un mot inventé de toutes pièces pour essayer de dire la vocation de cet espace d’expression. Essayons de le décortiquer :

On y entend MÉDITATION, THÉOLOGIE et BLOG.
C’est un peu tout cela et sans doute bien plus encore.

C’est d’abord un espace de partage de considérations humaines (et un peu théologiques). C’est ensuite le blog d’un diacre réformé & connecté qui pense qu’il y a plus de bonheur à partager ses réflexions qu’à rester tout seul dans son coin et qui espère susciter le dialogue plutôt que le débat.

Aujourd’hui, si l’adresse reste inchangée, le titre est devenu : Penser une église au milieu du web. Prétentieux ? Sans doute. Ici, j’essaie d’exprimer quelque chose d’une pensée réformée sur le web.

Je m’exprime également sur mon autre blog :

jeanmarcleresche.ch

Au plaisir de vous retrouver ici ou ailleurs.

Votations du 26 septembre : un appel à la reconnaissance

Le 26 septembre prochain, nous serons appelés à nous prononcer sur divers objets de votations fédéraux et cantonaux. Deux d’entre eux ont particulièrement retenu mon attention, car ils posent la question de la reconnaissance et de ses enjeux. Sans entrer dans un débat politique, je pose quelques jalons personnels.

Si vous êtes pressé, lisez directement les arguments qui me convainquent au paragraphe Et moi dans tout cela que vais-je voter ?

Le mariage pour toutes et tous

L’un des objets fédéraux concerne le mariage pour tous, avec ce slogan : « Oui, je le veux ! ». Soutenu par le Conseil fédéral, une majorité du Parlement, la plupart des Églises et des associations LGBTIQA+, cette initiative est combattue par l’Union démocratique du Centre (UDC) et l’Union démocratique fédérale (UDF) en tête, d’autres partis ou associations. L’Église catholique romaine est divisée.

Image tirée du site https://www.mariage-oui.ch/

Des arguments qui font mouche

On trouvera l’argumentaire du Conseil fédéral ici.

Quelques arguments reviennent souvent dans les débats, d’abord ceux des opposants :

  • le modèle du mariage qui implique forcément un homme et une femme;
  • le bien-être psychique de l’enfant qui devrait avoir un référent masculin ET féminin pour garantir son bon développement;
  • la peur liée à la procréation médicalement assistée (PMA).

Du côté des partisans, on relève que :

  • la société a évolué et que le modèle patriarcal qui a eu cours n’est plus la seule et unique définition du mariage
  • des études relèvent que l’enfant se développe tout aussi bien au sein d’un couple de même sexe que dans un couple hétéro. Notons que d’autres études affirment le contraire
  • les couples de même sexe doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits que tous les couples.

D’autres temps

En lisant ces quelques arguments, parmi les plus saillants, je vois plutôt une lutte entre deux âges : celui du mariage traditionnel vu comme le seul et unique moyen de fonder une famille. Serait-ce là la seule finalité du mariage ? Et celui de la modernité prenant en compte d’autres formes de familles, celles qu’on nomme « familles arc-en-ciel« , jolie image pour dire toute la diversité de modèles familiaux.

Je constate aussi que le fond de la question concerne des aspects juridiques et que des considérations dogmatiques et théologiques sont venues se greffer dans le débat pour en faire une question éthique.

Ce que je distingue aussi, c’est qu’il est question de reconnaissance non seulement juridique, mais aussi humaine d’abord et surtout.

La pasteure et thérapeute de couples Nicole Rochat a écrit un article en reprenant les arguments au cœur du débat. À lire sans tarder !

La reconnaissance d’autres modèles de vie, comme la reconnaissance d’autres communautés religieuses. Ce qui m’amène au deuxième objet soumis au vote du peuple neuchâtelois.

La reconnaissance des communautés religieuses

Depuis le début des années deux mille, la Constitution neuchâteloise ouvre la porte à la reconnaissance étatique et d’intérêt général d’autres communautés religieuses que les trois Églises historiques reconnues : l’Église réformée, l’Église catholique romaine et l’Église catholique chrétienne.

On trouvera l’argumentaire du Conseil d’État ici.

Image tirée du site de l’État de Neuchâtel, adresse complète

On parcourra le site du Comité citoyen pour le OUI à la reconnaissance des communautés religieuses; OUI soutenu par de nombreuses personnalités issues du milieu politique et ecclésial, en tête.

Des garde-fous

L’UDC et le Parti libéral radical (PLR) demandent à ce que toute reconnaissance d’une communauté par le Grand Conseil neuchâtelois soit soumise au vote du peuple. Alors que le projet n’imposerait ce choix que si 30 députés au moins sur cent le demandaient.

Le processus amenant à une reconnaissance officielle sera long, si la loi est votée et elle exigerait des communautés des garanties comme celles de :

  • s’inscrire dans le respect de la laïcité du Canton de Neuchâtel qui reconnaît les communautés religieuses comme d’intérêt général, excluant toute forme de prosélytisme;
  • d’être prêtes à collaborer et à dialoguer avec les Églises reconnues dans une dynamique de présence au plus grand nombre, notamment au travers des aumôneries
  • de permettre l’accès et la sortie librement consentie à ses membres.

Sans le dire, on le dit

Sans nommer clairement la communauté musulmane, on sent bien que c’est elle qui soulève les plus grandes craintes de la part des opposants. Merci au journaliste Nicolas Willemin d’ArcInfo d’avoir dit tout haut ce que d’aucun murmurent tout bas.

Une évolution inéluctable

Une fois encore, je discerne deux visions de la société (neuchâteloise en particulier) : une passéiste où il y a trois Églises qu’on connaît bien et à qui le politique peut faire confiance et d’autres « nouvelles » qui sont plus étrangères, dont on se méfie. Mais, le paysage religieux a changé et les Églises historiques ne représentent plus les 95% de la population du Canton de Neuchâtel. Les appartenances religieuses sont aussi mouvantes, plus floues, moins définitives qu’auparavant.

Et moi dans tout cela que vais-je voter ?

Élection Fédérale, Lettre De Convocation
Image extraite de Pixabay, Webandi.

Les arguments qui me convainquent

Mon choix de vote sera guidé par l’état actuel de la société. Celle-ci est devenue bien plus contrastée et diverse qu’un temps. Les lois doivent donc s’adapter sans cesse, reconnaître et respecter de nouvelles formes de famille. Car, même pour des couples hétérosexuels, il n’est pas toujours possible ni voulu de fonder une famille. Il y a d’autres manières d’être famille que la vision traditionnelle d’un homme et d’une femme.

Mon choix sera guidé aussi par la réalité que je rencontre là où je suis de personnes qui ne sentent plus accueillies, admises ni respectées dans des formes traditionnelles d’Églises ou de familles et qu’on stigmatise.

La désertion des Églises traditionnelles montre aussi que leurs discours ne sont sans doute plus tout à fait en phase avec la réalité du terrain sociétal actuelle et que des croyant·es iront trouver ailleurs des formes qui correspondront à leurs attentes. À ce titre, chacun·e a le droit d’être accueilli et rejoint par l’une ou l’autre de ces communautés dont le travail d’intérêt général n’est de loin pas anecdotique.

Enfin, tant les couples mariés que les Églises historiques ne perdront rien, n’auront rien à perdre à reconnaître les couples de même sexe et les autres communautés religieuses. Bien au contraire, un OUI sera un signe d’ouverture, de respect et d’accueil. Ne sont-ce pas là des valeurs évangéliques, portées par le Christ qui n’a été que le OUI de Dieu pour toutes et tous, vraiment pour chacun et chacune. Un OUI sans condition que je me sens appelé à poursuivre aujourd’hui et à ma modeste échelle.

Ainsi, vous aurez certainement compris ce que je vais voter.

Image par David Mark de Pixabay

Ma revue de blogs #2

Hier, j’ai publié la première partie des blogs que je suis autour du protestantisme réformé en Suisse romande. Aujourd’hui, je la complète. Non sans vous inviter à consulter la liste du Réseau-Protestant.

Je cherche Dieu, une paroisse en ligne

La page des Questions/Réponses (consultée le 31 juillet 2021).

Ce site a vu le jour à l’initiative de l’Église protestante de Genève (EPG). Le pasteur Marc Pernot en est le modérateur. Il s’agit d’une paroisse en ligne et non virtuelle (comme je m’étais aventuré à l’écrire; Marc m’avait gentiment corrigé). Le point fort est certainement la partie Questions/Réponses. À y regarder de plus près, je constate qu’aucune question n’est taboue et ne mériterait de réponse. Marc et ses collègues y mettent beaucoup de bienveillance. Je me souviens de cette question très terre-à-terre : Pourquoi Dieu nous a-t-il donné cette manière-là d’expulser la nourriture ? Là, vous trouverez tout ce que vous voulez savoir à propos de Dieu, l’Église et la Bible, sans jamais avoir osé le demander (ou plutôt si!)

Marc est encore, et entre autres choses, l’un des responsables du Réseau-Protestant.

Adresse : https://jecherchedieu.ch/

Carolina Costa, la référence des vlogs

Page d’accueil du blog de Carolina Costa (consultée le 31 juillet 2021).

Carolina est pasteure à l’EPG et comédienne, passion qu’elle partage avec son mari Victor. Elle est la référence du vlog, c’est-à-dire un blog dont le contenu est composé principalement de vidéos. Dans son Road Trip spirituel, elle abordera les grandes questions de notre temps. Et vous avez sans doute entendu parlé de la série Ma femme est pasteure. Clairement, les sites de Carolina s’adressent à un public plutôt jeune, utilisant des formats agréables et percutants.

Adresses : https://carolina-costa.com/ ; https://roadtripspirituel.ch/ ; https://editions-atalahalta.com/

Les Potins divins de Hyonou Paik

Les potins divins de Hyonou Paik (consultés le 31 juillet 2021)

Le blog de mon ami et collègue Hyonou, pasteur dans l’Église réformé évangélique neuchâteloise (EREN) nous invite à faire le grand écart entre la mégapole sud-coréenne Séoul (où il a grandi) et le charmant village de Corcelles dans le Canton (où il travaille). Il met en ligne ses prédications, désormais filmées, et souvent empreintes d’humour, comme la référence à son chat. De plus, on y trouve des réflexions, des pépiements (pour reprendre ses termes) sur Dieu, l’Église et la théologie. J’ai aussi beaucoup aimé ses billets au long de la Semaine Sainte, à lire depuis celui-ci.

Adresse : https://potinsdivins.wordpress.com/

La pèlerine au chocolat de Noémie Emery

Page d’accueil de Pèlerine au chocolat (consultée le 31 juillet 2021).

De prime abord, ça sonne comme un site de recettes de desserts au chocolat. À regarder de plus près, c’est le lieu d’expression d’une mini-théologienne qui aime, vit, doute, réfléchit et écrit. Vous trouverez plus amples détails sur sa présentation en parcourant La Plume. Faudra que Noémie m’explique en quoi elle se sent mini. Elle est jeune, certes, mais cela ne l’a pas empêchée de poser un regard lucide sur le fait de vieillir. Le thème du blog se veut « grimoire moyenâgeux », c’est sans doute un choix délibéré, mais le contenu y est frais. On y découvre de belles histoires, à l’image de la Légende lupine. Enfin, une petite bibliothèque rassemble des titres divers qui ont inspiré l’auteure.

Adresse : http://pelerine-au-chocolat.blogspot.com/

Penser la foi et évangéliser la pensée par Théologus

La page de Théologus (consultée le 31 juillet 2021).

Théologus est un collectif regroupant des pasteur·es actifs et stagiaires, des étudiants en théologie. J’y ai retrouvé Elio Jaillet et Philippe Golaz. L’intérêt de ce blog est d’être au carrefour de la théologie et de la philosophie. Ce qui est intéressant aussi, c’est le choix de dossiers thématiques déclinés à plusieurs voix. Chaque article est signé et peut être commenté. Le dossier dédié à l’Écololgie est particulièrement actuel. Une série d’article signés de Nicolas Merminod apporte des commentaires bibliques sur le livre de l’Ecclésiaste. Je salue la volonté d’une pluralité d’auteurs.

Adresse : https://theologus.ch/

Le blog d’une veilleuse de Stella Pastoris

Le blog de Stella Pastoris (consulté le 31 juillet 2021).

J’ai fait la connaissance de Stella à l’occasion d’un stage d’observation en terres neuchâteloises. Je l’ai retrouvée avec Eglisepro qui a consacré quelques articles au confinement et aux initiatives des paroisses. J’ai retrouvé Stella au détour de son blog et notamment par un article très intimiste à propos de la foi et du diabète. J’ai été touché par l’authenticité des paroles et des mots. Et puis, il y a eu cet autre article autour du toucher et des contacts. Des textes tout en douceur qui se dégustent et nous mettent en éveil, c’est peut-être là la mission d’une veilleuse, ou alors s’agit-il de chasser un peu plus l’obscurité de l’ignorance ?

Adresse : https://leblogduneveilleuse.blogspot.com/

Ainsi s’achève cette nouvelle revue. J’espère vous avoir donné envie de cliquer à votre tour sur les adresses et de vous laisser saisir par les articles de mes amis blogueurs.

Ma revue de blogs #1

Peut-être ne le savez-vous pas encore, mais il existe une blogosphère autour du protestantisme réformé de Suisse romande. Un site dédié répertorie et tient à jour une liste de sites officiels et de blogs personnels : reseau-protestant.ch.

Parmi les propositions, je me sens plus proche de certain·es blogueu·euses que d’autres. Je vous propose ici une première sélection.

Les Diachroniques d’Eric Imseng

Blog Les Diachroniques d’Eric Imseng (consulté le 30 juillet 2021)

Le fait est assez rare pour le relever : Eric Imseng est diacre dans l’Église protestante de Genève (EPG) et blogueur. Vous en connaissez d’autres, hmm ? Il exerce son ministère aux Hôpitaux universitaires de Genève et dans les prisons. Il y publie notamment des réflexions à propos de ses engagements et aussi de (très) courtes prédications devant tenir dans le cadre-horaire imparti par les institutions où il travail. C’est court, mais l’essentiel y est, il y a de quoi laisser les mots faire leur chemin dans les heures et les jours qui suivent.

Adresse : https://lesdiachroniques.blogspot.com/

Théologiquement Vôtre de Philippe Golaz

Le blog de Philippe Golaz (consulté le 30 juillet 2021)

Derrière ce titre bien léché se cache Philippe Golaz, jeune pasteur de l’EPG lui aussi et papa. Il a une capacité de vulgarisation remarquable. J’ai particulièrement apprécié une série de billets dans lesquels il explique les différents moments du culte réformé à des non-initiés. Il y a partagé son quotidien de pasteur. Ou bien encore des conseils très utiles et pratiques pour élaborer des cultes en streaming, forme qu’il a inaugurée lors du semi-confinement de mars 2020.

Adresse : https://philippegolaz.ch/

Laure Devaux

La page Je suis qui du blog de Laure Devaux (consulté le 30 juillet 2021)

C’est sans surprise qu’on arrive chez Laure Devaux, femme, pasteure (dans l’Église bernoise), maman, à la maison mais pas trop, épouse, quadragénaire, heureuse. Je ne fais que citer l’en-tête de son blog. Je dis bien chez Laure, car elle a commencé par des Méditations domestiques où elle se mettait en scène jusque dans sa chambre à coucher. Il y a de la fraîcheur à regarder, à lire, à écouter ce qu’elle nous partage. Ça a l’air de rien, aller de soi, mais c’est vraiment profond. Je crois qu’elle a trouvé la forme et le ton qui donnent envie d’en savoir plus. C’est encore grâce à Laure que j’ai appris à aimer Les Petits Chanteurs à la Gueule de Bois.

Adresse : https://lauredevaux.ch/

Théologeek d’Olivier Keshavjee

La page-titre du blog d’Olivier Keshavjee (consultée le 30 juillet 2021)

Mon premier contact avec le blog d’Olivier m’a déstabilisé, parce qu’il s’agit de celui d’un geek (ou passionné de jeux vidéos) au langage un hermétique pour moi. Si vous ne savez pas ce que c’est, cet article vous donnera des réponses. J’avoue qu’il m’arrivait de n’y comprendre pas grand-chose. Et puis il y a eu un article remarquable de sincérité et de vérité autour du burn-out dont il a souffert et des questionnements qui le traversaient. Et là, j’ai beaucoup plus compris. Personne, fût-il jeune, pasteur, engagé, motivé, passionné (et peut-être à cause de tout cela) n’est à l’abri. Je dirais que rien que cet article est une référence du genre et pourrait servir de prévention.

Adresse : https://www.theologeek.ch/

Le Journal d’un théologien vaudois éclectique d’Elio Jaillet

La page d’accueil du blog d’Elio Jaillet (consultée le 30 juillet 2021).

Là, tout y est ou presque. On sait qu’Elio est théologien, vaudois et éclectique (et non électrique, comme je l’ai lu la première fois). En fait, il est aussi, et surtout Doctorant, préparant une thèse universitaire. Le contenu de son blog est à l’image de son auteur: éclectique. Il y a des retours d’expériences personnelles, notamment son premier jeûne, des extraits de sa thèse (en cours de rédaction) d’un abord plus difficile et des réflexions sur le fonctionnement de l’Église-institution. Elio est un des responsables du Réseau protestant et de la Société vaudoise de théologie.

Adresse : https://eliojaillet.ch/

Diane Friedli, pasteure à Auvernier et à Colombier

Page d’accueil du blog de Diane Friedli (consultée le 30 juillet 2021).

Diane et son mari Nicolas sont des collègues de travail de l’Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel. Nous avons souvent échangé autour de la présence de l’Église sur le web, de la (non)-pertinence de sites-vitrines, de l’intérêt de blogs personnels). Diane a été précurseure en la matière. C’est la neuchâteloise de la blogosphère (il doit y en avoir d’autres…) Outre prédications et méditations, elle a été sollicitée par les médias et nous a gratifiés d’un billet À la radio! Et il y a eu ce casse-tête pour cruciverbistes et biblistes confirmés.

Adresse : https://dianefriedli.ch/

Voilà, je m’arrête ici pour cette première sélection et vous invite à vous rendre compte par vous-mêmes de la richesse de ses contenus et de l’engagement de leurs auteurs.

On n’est jamais tout seul quand on se sent tout seul

Ce samedi 5 juin, la paroisse réformée de La Neuveville a accueilli près de 150 enfants pour célébrer la Fête des Enfants. Initialement prévue en juin de l’année passée et en présentiel, celle-ci s’est déroulée via Zoom. Chacune des paroisses participante était reliée à La Neuveville par écran interposés et au travers d’un site internet spécialement conçu pour l’occasion (sans doute que des contenus seront disponibles sans connexion).

Une manière à la fois inédite et devenue presque ordinaire

Une partie de la « salle de contrôle ».

Tout ou rien… Juste bien !

La thématique qui a donné le ton à la journée et aux différents ateliers et autres animations était le jeu vidéo, et plus particulièrement Super Mario. Je vous invite à regarder la première minute.

Les groupes ont ainsi pu vivre des choses à regarder sur leur écran, mais aussi à y donner suite en vrai avec la question du choix :

https://www.connexion3d.ch/offres/arrondissement/arrondissement/fete-des-enfants/

L’image de la Fête des Enfants 2021.

Jonas… Et ses questions

Parmi les ateliers proposés, je me suis investi dans l’histoire de Jonas, prisonnier du gros poisson. Enfermé depuis 3 jours, Jonas se pose des questions, et notamment celles-ci :

Est-ce que Dieu punit ? Est-ce que Dieu pardonne ?

Je ne vais pas dévoiler tout le contenu de l’atelier, mais, grâce à un téléphone, les enfants pouvaient adresser des messages à Jonas, pour l’encourager, réfléchir avec lui, apporter des éléments de réponses, proposer une technique pour sortir du poisson.

J’ai repris alors le matériel reçu pour construire la méditation théologique de la conclusion de la journée. Je suis Sanjo (anagramme de Jonas, vous aviez deviné), le personnage qui a cherché Jonas toute la journée sans le trouver. Et juste avant de se quitter, voilà que je reçois enfin des nouvelles.

Gardons l’essentiel

Quel soulagement ! J’ai enfin des nouvelles fraîches de Jonas. Il a pu sortir du ventre du poisson et c’est grâce à vous, les enfants. Et il a rechargé son téléphone et il m’a appelé pour nous rassurer. Mais, il n’est pas encore là, parce qu’il sent tellement mauvais qu’il voulait aller se laver avant de venir.

Des enfants pleins de sagesse

Mais avant de passer à la douche, Jonas m’a dit que tous vos messages lui avaient fait beaucoup de bien. Vous lui avez redonner du courage. Il y a par exemple celui-ci :

Ne te décourage pas. On va te sortir de là. On va contacter d’autres personnes.

Un message des enfants à Jonas, alors qu’il est dans le poisson.

C’est vrai qu’ensemble on est plus forts. Ça fait du bien de sentir qu’on n’est pas tout seul quand on se sent seul. Ça aide, m’a dit Jonas.

Il y a aussi de quoi réfléchir :

Tu pourras ressortir du ventre si tu fais quelque chose d’important pour Dieu. Tu peux faire une prière à Dieu.

Un autre message reçu par Jonas.

Et c’est ce que Jonas a fait. Il a prié ; c’est est important dans des situations difficiles pour retrouver du courage.

Dieu va pardonner à Jonas. Dieu l’aime quand même. Jonas à la fin pourra continuer sa vie. Dieu lui dira merci.

Une réflexion pleine de sagesse

Ou celui-là encore :

Et aussi

Dieu donne une 2e chance.

Les enfants ont tout compris

C’est vraiment essentiel de lire que Dieu nous aime quand même.

Mais, et un message l’a relevé : c’est important de respecter les règles et de s’excuser.

Et puis, il y a eu cette question :

« Pourquoi y a-t-il des masques dans le ventre du poisson ? »

Mais parce que le poisson, il avale n’importe quoi. Mais pas nous !

Jonas m’a encore dit que cela lui avait appris quelque chose de très important : ce qui compte ce n’est tellement de trouver LA réponse, la bonne, la juste, la seule et unique, mais d’être plusieurs pour se poser la question et d’y réfléchir tous ensemble. C’est cela qui compte et qui compte vraiment.

Comment il est sorti ?

Mais vous vous demandez sûrement : comment Jonas est sorti du poisson ? Eh bien, je vais vous le dire, parce qu’il me l’a dit quand on s’est parlé. Il m’a dit que la technique qui lui a permis de retrouver la liberté, les enfants, eh bien : c’est la vôtre. C’est vous qui avez trouvé la technique. Laquelle ? Je viens de vous le dire : la vôtre. Oui, à vous là.Alors, à vous tous, à vous toutes, grands et petits, MERCI d’avoir aidé Jonas, de nous avoir aidés aujourd’hui. Vous êtes fan-tas-tiques !

Quelle langue parlez-vous ?

Cet été, nous allons peut-être voyager, traverser les frontières, découvrir des pays étrangers et inévitablement, va se poser la question de la langue : comment demander son chemin, commander un repas, payer un souvenir, réclamer de l’aide ? Nous sortirons alors notre vieux dictionnaire, ou plus certainement notre smartphone qui traduira instantanément notre message. Ça donnera quand même un petit goût d’artificiel à nos conversations.

Portugais, Traduction, Brésil, Portugal
Quels outils employer pour se faire comprendre ?

Rien de tout cela à Pentecôte, la fête de l’Esprit dans nos communautés. Un Esprit qui fait parler… Et jaser aussi. Cet Esprit fait se comprendre des hommes et des femmes venus de contrées diverses, chacun, chacune, avec sa langue, son dialecte, son accent. À tous, il fait entendre, et surtout découvrir, les merveilles de Dieu. D’ailleurs, la première ne serait-elle pas justement la compréhension mutuelle ? Ici, il n’est pas question de charabias ; chacun comprenant parfaitement ce que l’autre dit. C’est cela qui est merveilleux.

Femme, Filles, Parler, Sms, Téléphone
On se comprend, n’est-ce pas ?

Dans nos Églises, comme ailleurs, nous venons avec notre histoire, nos attentes, nos mots, parfois incompris ou incompréhensibles. Pentecôte nous invite à nous mettre à l’écoute de ce souffle qui murmure l’unité dans la diversité. Qui rassemble par-dessus les frontières, qui parle au-delà des mots, qui éclaire chacun d’une flamme vivante à partager, celle d’un amour et d’un accueil sans condition. Nous devenons ainsi, et nous aussi, des témoins qui annonçons les merveilles de Dieu…

Au risque de passer pour des fous !

Ce texte a paru sous la forme d’un Instantané dans le Courrier de La Neuveville à l’occasion de Pentecôte.

Fallait-il sauver Pâques ?

Lors d’une de ses nombreuses interviews au 19h30, la journaliste Jennifer Covo (ou était-ce sa collègue Fanny Zürcher ?) demanda au conseiller fédéral Alain Berset, si on allait pouvoir sauver Pâques en 2021. En réponse, le ministre invitait à faire preuve de créativité, imaginant des fêtes de famille à l’extérieur.

Pouvons-nous sauver Pâques ?

Comme si cela était de notre ressort et à notre portée… La question est mal formulée, car ce n’est pas nous qui sauverons Pâques, c’est Pâques qui nous sauve ! Et ce n’est pas un jour, un matin, dans l’histoire de l’humanité il y a longtemps, c’est chaque jour, à chaque aube que Pâques se rappelle à notre souvenir.

Coucher De Soleil, Lever Du Soleil
Aube nouvelle… Celle de Pâques

Devant le tombeau clos, la pierre roulée, l’impossibilité d’envisager un avenir possible, les témoins de la crucifixion avaient certainement compris que l’histoire s’arrêtait là. Et même s’ils avaient pu déplacer cette pierre… Et après ?

Non, rappelons-le sans cesse : Pâques est l’affaire de Dieu. C’est lui, et lui seul, qui peut nous sauver de nos résignations, de nos peurs. C’est lui qui peut ouvrir nos impasses vers un avenir toujours possible, même s’il nous semble inimaginable.

Disons-le autrement, avec les mots de l’écrivain

Si nous avons posé un point final à l’histoire, persuadés que tout est dit, Dieu, lui, le transforme en points de suspension, pour dire que l’histoire, celle dont chacun de nous est le héros, continue et est porteuse d’avenir.

Écrit, Écrire, Stylo Plume, Encre, Scribe
L’histoire n’est pas finie. Elle continue

Ce texte a paru sous la forme d’un Instantané dans le Courrier de La Neuveville, le 9 avril 2021.

Quelle est votre communauté ?

Depuis quelques jours, j’essaie de m’y retrouver dans la jungle des messageries, suite au changement des conditions de confidentialité de WhatsApp; changement qui prendra effet au 15 mai, sans grandes conséquences en Suisse, semble-t-il. En y réfléchissant, je me rends compte que ce qui fait que j’adhérerai à tel ou tel système de messagerie n’est pas si éloigné des arguments qui me font appartenir à telle ou telle communauté religieuse. Je partage ici quelques réflexions et similitudes.

L’historique SMS

Qui envoie encore des SMS aujourd’hui, à l’heure des échanges de photos, vidéos, et autres GIF ? Le principe du SMS est d’échanger des messages textes. C’est l’ancêtre des messageries instantanées actuelles. Il fait le job : il envoie et reçoit des messages-textes. Non, le SMS n’est pas mort !

Le SMS reste aussi utilisable sur de vieux modèles de téléphone, pas des smartphones. Car oui, il y a encore des téléphones qui servent juste à téléphoner. Souvent, l’option Message est méconnue, voire inconnue, des utilisateurs. Non, le SMS ne sert pas seulement à recevoir un code d’activation d’une appli !

Cela me fait penser aux Églises historiques, celles qui passent pour vieillottes, voire dépassées. On les a un peu oubliées. On s’en souvient quand on en a besoin. Elles sont aussi garantes de traditions, de dogmes, de manières d’être et de célébrer qui rassurent d’un côté : on sait à peu près d’où on vient, où on est et où on va. C’est vieux peut-être, méconnu sûrement, mais c’est rassurant aussi ! Mais de loin pas majoritaire.

À écouter : Les Eglises vont-elles dans le mur? – Radio – Play RTS

WhatsApp : j’y suis parce que tu y es

WhatsApp est un des systèmes les plus utilisés , enfin je crois. Ils permettent l’échange de photos, de vidéo, d’émojis et comportent beaucoup d’options. C’est aussi user-friendly, facile et intuitif (en bon français). WhatsApp a connu un grand succès, devenant un moyen de communication à la fois entre membres d’un cercle familial ou amical, mais un outil à l’échelle de l’entreprise et de paroisses, d’Églises.

Mais dépourvu de publicité, il n’est pas rentable aux yeux de son propriétaire Facebook.

Ainsi, on s’inscrit sur WhatsApp pour la simple est bonne raison que tout le monde y est. On est sûr de se retrouver, de pas être seul. On y est, sans trop se poser de questions.

Cela me fait penser à des communautés religieuses, d’obédiences plutôt évangéliques : on y va, parce que notre voisin, notre collègue, nos amis y sont et on se sent en terrain connu ou conquis. Parce que c’est vivant, parce que « la musique est bonne », parce que le témoignage personnel y occupe une place de choix. Parce que ça nous parle. Parce que cela comble notre besoin d’être avec. Ou pour d’autres raisons tout aussi valables.

Oui, mais…

Ca, c’était avant que WhatsApp décide d’imposer un changement de ses conditions, permettant un échange et un partage de données avec Facebook. Cela a eu pour conséquence que beaucoup se sont posé des questions sur ce qu’ils sont prêts à partager, à donner à un système dont le contrôle échappe au plus grand nombre.

Aujourd’hui, on se dit qu’on devrait peut-être changer d’application. On devrait, c’est sûr, mais le fait-on ? Pourquoi ne le fait-on pas ?

Et il arrive aussi qu’on ne soit plus en phase avec le message de sa communauté ou ses responsables; qu’on ne s’y reconnaisse plus, qu’on ne s’y sente plus à l’aise. Et on se dit qu’on devrait changer, qu’on aurait avantage à aller voir ailleurs.

Pourquoi j’y suis allé ? Pourquoi j’y reste (encore) ?

Comme tout le monde, j’ai installé WhatsApp, parce que bon nombre de mes contacts y sont. Parce que j’avais envie d’en être aussi. Parce que j’avais besoin d’être relié à mes amis, et aussi un besoin de reconnaissance.

J’y reste encore, parce que bon nombre de mes contacts n’ont pas encore sauté le pas de quitter ce système pour un autre. Par crainte de perdre le contact, alors même que ces contacts pourraient perdurer d’autres manières. Par crainte et ou paresse aussi, n’ayant pas encore trouvé le courage de confirmer la suppression de mon compte WhatsApp. Comme d’ailleurs, je n’ai pas (encore) quitté Facebook, Twitter ni Instagram.

Qu’est-ce qui fait qu’un jour on soit allé dans une communauté religieuse ? Qu’on y ait été amené ? Qu’on y reste, même si on ne partage pas ce qui s’y vit, s’y dit ? Je crois que les arguments évoqués ci-dessus pourraient s’adapter à l’appartenance à une Église.

Pourquoi je quitte (mais pas encore tout à fait) ?

Je prépare mon départ de WhatsApp, en installant d’autres alternatives : Signal, Telegram et Threema.

Pourquoi les trois ? Parce que j’ai remarqué que certains de mes contacts étaient sur l’une plutôt que l’autre et qu’ainsi, nous restons en lien. J’essaie de sonder puis de convaincre les indécis et les réfractaires au changement.

À écouter sur la RTS : WhatsApp change ses règles, les Suisses cherchent des alternatives – rts.ch – Sciences-Tech.

Comme pour les réseaux sociaux, si l’envie de les quitter m’a souvent déjà occupé, je n’ai encore jamais fait ce pas, sans doute pour tout un tas de mauvaises raisons que je transforme en bonnes pour me donner bonne conscience.

C’est aussi ce que j’ai pu entendre de certaines personnes qui ne se reconnaissent pas dans l’une ou l’autre des communautés religieuses, mais qui ne les fréquentent plus, sans les avoir officiellement quittées : je n’y ai pas pensé. Ah bon, il faut le dire… Oui, oui, mais on ne sait jamais… Peut-être qu’un jour, j’y reviendrai….

Alors, on y est encore inscrit, tout en étant actif ailleurs. On reçoit le journal qu’on ne lit plus, mais on n’a jamais pensé à se désabonné. On n’ouvre même pas l’enveloppe au logo de l’Église, mais on ne la renvoie pas non plus.

Messageries et Églises, pas si différentes au final

En conclusion, je me dis que ce soit pour une messagerie ou une communauté religieuse, les raisons qui me feront la rejoindre ou non, y rester ou non, la quitter ou non seront assez semblables. Tout se joue dans la qualité des relations que je peux y tisser et entretenir, pour me sentir à ma place et reconnu.

À lire sur mon blog : Paroissien, qui es-tu ? – réformé & connecté (jeanmarcleresche.ch)

Que ce soit sur nos portables ou dans nos Églises, il y a toute un éventail de profils de membres, chacun y a sa place…. Enfin, je crois…

Droit, privilège ou exception

Depuis la fin du premier semi-confinement, les rassemblements sont autorisés dans la plupart des Églises de Suisse (et d’ailleurs aussi). Dans notre pays, on a fixé une limite à 50 personnes si la superficie des lieux de cultes le permet, en tenant compte des distances sanitaires. Les autres activités des Églises, elles, se trouvent limitées (voire pour la plupart annulées encore) et tombent sous les critères de limitation.

Ce droit à se rassembler qui concerne non seulement les obsèques mais aussi les célébrations religieuses, n’a jamais été remis en question, alors que d’autres ouvertures ont été interdites, notamment les restaurants, les musées, les salles de spectacles, les installations sportives. On peut dès lors s’interroger sur ce qui motive ce choix, ou sur ce qui garantit ce droit octroyé aux Églises, et certainement envié par d’autres.

Je comprends que les réunions politiques puissent se tenir, car il en va de la bonne marche du pays. Mais, est-ce que les Églises bénéficient d’un régime de faveur ? Ont-elles droit à des mesures exceptionnelles ? La réponse n’a jamais été donnée clairement.

Pourquoi nous et pas eux ?

Un élément de réponse « officielle » est que les Églises ont su mettre en place des mesures sanitaires qui permettent le déroulement des célébrations dans de bonnes conditions (en tout cas suffisamment acceptables) : pas de chants, notamment. Sans mentir, je peux affirmer qu’elles ne sont pas les seules. Un autre élément est que les représentants des Églises sont allés réclamer au Conseil fédéral de pouvoir reprendre les messes et cultes aussi vite que possible; ce qui est devenu réalité dès Pentecôte 2020.

Ce que je comprends aussi, c’est que l’importance du rassemblement, de la communauté, souffre de divergences selon la confession. Loin de minimiser l’importance de vivre ensemble et en présence un culte, nous et moi protestants croyons que la relation à Dieu peut se vivre aussi dans une démarche individuelle.

Amish, Personnes, L'Homme, Femmes
Peut-être la forme d’église de demain ? Allez savoir !

J’avoue que j’éprouve un malaise devant cette situation, en tant que professionnel d’Églises, et ne sais trop s’il faut considérer ce droit comme un privilège ou une exception. Je me sens mal à l’aise face à des directeurs de théâtres, de salle de concerts, de musées, contraints à garder portes closes. Dès le 1er mars, certains pourront rouvrir et c’est tant mieux.

Je me sens mal à l’aise devant des restaurateurs qui ont fait des efforts et investi pour répondre aux normes imposées et qui ont dû fermer quand même. Et eux doivent encore attendre…

Café, L'Architecture, Bâtiment, Grèce
Des restaurants fermés.

Ou devant des organisateurs de manifestations sportives qui se déroulent à huis clos. Je découvre à l’instant une nouvelle manifestation à Neuchâtel pour une réouverture des lieux publics.

Mal-aise…

Je travaille d’une part dans une aumônerie de rue qui gère un lieu d’accueil, fermé depuis décembre, car se calquant sur l’ouverture des restaurants. D’autre part, je suis engagé dans une paroisse et nous avons fait le choix, discuté et discutable peut-être, de ne pas célébrer de cultes en présence pendant un mois. Des paroissiens ont salué cette prise de position, car eux aussi ressentaient une pointe de culpabilité à avoir le droit ou le privilège de se rassembler, alors que tant d’autres en sont empêchés encore aujourd’hui. D’autres n’ont pas compris et comparaient avec ce qui se faisait ailleurs. « On a le droit… Alors, pourquoi pas ? » Bien sûr, nous n’avons pas rien fait; nous avons été plus ou moins créatifs : des cultes à l’emporter, des accueils à l’église en semaine, des livrets destinés aux jeunes, des contacts personnels par téléphone ou des visites ont permis de garder et de renforcer les liens existants. Ailleurs, et je les salue, il y a eu des initiatives où des paroisses ont organisé des cultes en invitant des musiciens ou artistes, dans une démarche de gagnant-gagnant. Mais cela ne m’empêche pas de ressentir tout de même et malgré tout un malaise.

Si je me suis engagé dans une Église réformée de surcroît, c’est pour être au service de la collectivité, pour faire passer le bien(-être) commun avant l’avantage individuel, c’est parce que je crois à une solidarité humaine indispensable. Manifester de la solidarité, c’est peut-être aussi ressentir le manque des uns, être avec eux, avec elles, dans une frustration partagée.

Plutôt que de ressentir un grand vide, j’ai plutôt expérimenté une proximité… disons chaleureuse que j’ai vérifiée en envoyant des messages de soutien à ceux et celles qui vivaient des temps difficiles. Les réponses reçues (et pas des accusés de réception standards) m’ont donné à penser que nous étions tous dans le même bateau : celui de l’humanité.

Un peu moins de superflu

… Pour plus d’essentiel ! Nous venons d’entrer dans le temps du carême. Un moment dans l’année qui est marqué traditionnellement par les carnavals : une fête avant un temps placé sous le signe des privations. C’est ainsi qu’on comprenait le carême. Les choses ont évolué évidemment et depuis une année, nous avons appris à vivre sans beaucoup de choses.

J’avoue que je n’ai jamais été friand (!) de cette compréhension d’un carême où il s’agirait de se priver. Par contre, je prends ces semaines comme un moment d’introspection et de réflexion : quel est mon superflu ? Quel est mon essentiel ? Qu’est-ce qui est important pour moi et les autres ? Que puis-je faire ? À quoi renoncer… pour un temps ?

Cette année, les Églises s’associent autour de la thématique « Justice climatique, maintenant ! »

Une présentation de la thématique de la campagne œcuménique de carême.

C’est vrai que cette crise-là a été éclipsée par une autre qui, elle aussi, a touché le monde entier. Il n’y a pas si longtemps, on voyait des rassemblements brandissant des pancartes pour sauver la planète.

Démonstration, Fridays For Future
Des manifestations pour sauver la planète… Vous vous souvenez ?

Des associations et les Églises nous rendent attentifs que le climat est l’affaire de tous et qu’il y a des pays qui sont les premières victimes des agissements d’autres. Sans oublier non plus que la sauvegarde du climat est l’affaire de tous, de vous, de moi. Et cela commence par des gestes simples. Avant même d’agir, il est bon de s’arrêter et de s’interroger : qu’est-ce qui est essentiel ? Superflu ? Comment instiller un peu plus de justice… maintenant déjà ? Agissons c’est le moment !

Ce texte a paru sous la forme d’un Instantané dans le Courrier de La Neuveville. Il se veut aussi une référence à la campagne de Carême des Églises de Suisse autour de la justice climatique.

Dans le genre de se débarrasser du superflu et de se centrer sur l’essentiel, on peut s’y essayer en commençant par nos armoires et nos maisons, grâce à la méthode Marie Kondo.

Se désencombrer commence sans doute par nos rangements.

Un changement de nom qui en dit long

Réunis en assemblée virtuelle, Covid oblige, les délégués du Parti Démocrate-Chrétien ont entériné la proposition de changer de nom. Ainsi, sur la scène fédérale, le « bon vieux » PDC deviendra Le Centre.

À lire : l’article de Julien Rilliet sur son blog du Temps.

Les arguments avancés pour justifier cette évolution sont pour le moins révélateurs de l’époque dans laquelle nous vivons et où ce qui a trait de près ou de loin à l’Église, la foi, Dieu paraît suspect, voire rédhibitoire ! On l’évacue vite fait!

Chrétien ne signifie pas que catholique

Les propos du président Gehard Pfister sont sans équivoque :

«Nous n’avons jamais réussi à sortir de nos régions d’origine parce que nous sommes perçus comme un parti catholique ou particulièrement religieux».

Gehard Pfister dans l’article du Temps.

Ainsi, le PDC serait cantonné à des régions estampillées catholiques, à l’image du Valais et composé de religieux pratiquants. Franchement, je n’en sais rien. Je ne connais pas assez de PDC pour en tirer une conclusion. Mais cela m’interpelle.

Il n’y a pas si longtemps, un ami disait : « Moi, je suis chrétien. Pas catholique. Pas protestant. Mais, chrétien ! »

Certains délégués ont aussi avancé cet objectif de toucher un électorat plus large qui s’effraie peut-être au vocable « chrétien », perçu, et pourquoi pas, comme sectaire.

En adoptant le nouveau nom « Le Centre », ce parti dit bien, et sans équivoque, son positionnement sur l’échiquier politique. Même si, et le président Pfister l’a souligné, les valeurs qui animent la philosophie du parti demeureront.

Le Préambule de la Constitution fédérale

Ces discussions me font penser à ces autres tentatives de vouloir évacuer la référence au Dieu Tout-puissant du Préambule de la Constitution fédérale, au nom du principe, sacro-saint, de la laïcité.

Au nom de Dieu Tout-Puissant!

Le peuple et les cantons suisses,

conscients de leur responsabilité envers la Création,

résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde,

déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l’autre et l’équité,

conscients des acquis communs et de leur devoir d’assumer leurs responsabilités envers les générations futures,

sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres,

arrêtent la Constitution que voici:

Préambule de la Constitution fédérale (du 18 avril 1999, état au 1er janvier 2000)

Je crois que cette référence doit rester. Ne serait-ce que pour rappeler à nos élus sous la Coupole fédérale, qu’à défaut d’être des serviteurs de Dieu, ils sont serviteurs d’une autorité qui les dépasse, l’État. Cet État qui fait du soin aux plus faibles un principe élémentaire.

Aujourd’hui, le religieux fait peur à défaut de questionner. On l’évacue de l’espace public, le reléguant aux convictions personnelles et individuelles, garanties par cette même Constitution :

1 La liberté de conscience et de croyance est garantie.

2 Toute personne a le droit de choisir librement sa religion ainsi que de se forger ses convictions philosophiques et de les professer individuellement ou en communauté.

3 Toute personne a le droit d’adhérer à une communauté religieuse ou d’y appartenir et de suivre un enseignement religieux.

4 Nul ne peut être contraint d’adhérer à une communauté religieuse ou d’y appartenir, d’accomplir un acte religieux ou de suivre un enseignement religieux.

Art. 15 de la Constitution fédérale

Finalement, on a perdu de vue la place des Églises dans la société civile. On les a reléguées à un rôle de célébrantes leur laissant « les choses d’en-haut », oserais-je dire. Mais l’Église, quelle que soit sa dénomination et sa confession, est appelée à jouer un rôle dans la vie publique et politique, ici-bas aussi et d’abord.

Elle a à veiller à ce que le souci et la prise en compte des plus faibles ne soient pas un vœux pieux, mais une réalité dans les décisions prises par les partis qu’ils soient de droite, de gauche ou du centre. L’Église, même si elle ne doit pas faire de la politique, doit jouer son rôle de trublion pour rappeler à nos élus que leur engagement politique est soumis à une autorité plus haute. Ne serait-ce que le bien commun ou le vivre-ensemble, à défaut d’être animés par une foi en ce Dieu Tout-puissant. Cette autorité qui est un espace commun où chacun et chacune, quel qu’il·elle soit a la place qui lui revient.

Gageons que nos élus du Centre, et autres, sauront s’en souvenir.

Source de l’image de couverture : Rhonefm