Médithéo… Quoi ?

MEDITHEOBLOG… Quel mot étrange !

On y entend MÉDITATION, THÉOLOGIE et BLOG.
C’est un peu tout cela et sans doute bien plus encore.

Un espace de partage de considérations humaines (et un peu théologiques).

Le blog d’un diacre réformé & connecté qui pense
qu’il y a plus de bonheur à partager ses réflexions
qu’à rester tout seul dans son coin.

L’AVENTURE MEDITHEOBLOG S’EST ARRÊTÉE MOMENTANÉMENT,
MAIS
ELLE REPREND SOUS LA FORME DE BREFS ARTICLES.
RETROUVEZ-MOI ÉGALEMENT SUR MON AUTRE BLOG :

jeanmarcleresche.ch

Au plaisir de vous retrouver ici ou ailleurs.

Un changement de nom qui en dit long

Réunis en assemblée virtuelle, Covid oblige, les délégués du Parti Démocrate-Chrétien ont entériné la proposition de changer de nom. Ainsi, sur la scène fédérale, le « bon vieux » PDC deviendra Le Centre.

À lire : l’article de Julien Rilliet sur son blog du Temps.

Les arguments avancés pour justifier cette évolution sont pour le moins révélateurs de l’époque dans laquelle nous vivons et où ce qui a trait de près ou de loin à l’Église, la foi, Dieu paraît suspect, voire rédhibitoire ! On l’évacue vite fait!

Chrétien ne signifie pas que catholique

Les propos du président Gehard Pfister sont sans équivoque :

«Nous n’avons jamais réussi à sortir de nos régions d’origine parce que nous sommes perçus comme un parti catholique ou particulièrement religieux».

Gehard Pfister dans l’article du Temps.

Ainsi, le PDC serait cantonné à des régions estampillées catholiques, à l’image du Valais et composé de religieux pratiquants. Franchement, je n’en sais rien. Je ne connais pas assez de PDC pour en tirer une conclusion. Mais cela m’interpelle.

Il n’y a pas si longtemps, un ami disait : « Moi, je suis chrétien. Pas catholique. Pas protestant. Mais, chrétien ! »

Certains délégués ont aussi avancé cet objectif de toucher un électorat plus large qui s’effraie peut-être au vocable « chrétien », perçu, et pourquoi pas, comme sectaire.

En adoptant le nouveau nom « Le Centre », ce parti dit bien, et sans équivoque, son positionnement sur l’échiquier politique. Même si, et le président Pfister l’a souligné, les valeurs qui animent la philosophie du parti demeureront.

Le Préambule de la Constitution fédérale

Ces discussions me font penser à ces autres tentatives de vouloir évacuer la référence au Dieu Tout-puissant du Préambule de la Constitution fédérale, au nom du principe, sacro-saint, de la laïcité.

Au nom de Dieu Tout-Puissant!

Le peuple et les cantons suisses,

conscients de leur responsabilité envers la Création,

résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde,

déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l’autre et l’équité,

conscients des acquis communs et de leur devoir d’assumer leurs responsabilités envers les générations futures,

sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres,

arrêtent la Constitution que voici:

Préambule de la Constitution fédérale (du 18 avril 1999, état au 1er janvier 2000)

Je crois que cette référence doit rester. Ne serait-ce que pour rappeler à nos élus sous la Coupole fédérale, qu’à défaut d’être des serviteurs de Dieu, ils sont serviteurs d’une autorité qui les dépasse, l’État. Cet État qui fait du soin aux plus faibles un principe élémentaire.

Aujourd’hui, le religieux fait peur à défaut de questionner. On l’évacue de l’espace public, le reléguant aux convictions personnelles et individuelles, garanties par cette même Constitution :

1 La liberté de conscience et de croyance est garantie.

2 Toute personne a le droit de choisir librement sa religion ainsi que de se forger ses convictions philosophiques et de les professer individuellement ou en communauté.

3 Toute personne a le droit d’adhérer à une communauté religieuse ou d’y appartenir et de suivre un enseignement religieux.

4 Nul ne peut être contraint d’adhérer à une communauté religieuse ou d’y appartenir, d’accomplir un acte religieux ou de suivre un enseignement religieux.

Art. 15 de la Constitution fédérale

Finalement, on a perdu de vue la place des Églises dans la société civile. On les a reléguées à un rôle de célébrantes leur laissant « les choses d’en-haut », oserais-je dire. Mais l’Église, quelle que soit sa dénomination et sa confession, est appelée à jouer un rôle dans la vie publique et politique, ici-bas aussi et d’abord.

Elle a à veiller à ce que le souci et la prise en compte des plus faibles ne soient pas un vœux pieux, mais une réalité dans les décisions prises par les partis qu’ils soient de droite, de gauche ou du centre. L’Église, même si elle ne doit pas faire de la politique, doit jouer son rôle de trublion pour rappeler à nos élus que leur engagement politique est soumis à une autorité plus haute. Ne serait-ce que le bien commun ou le vivre-ensemble, à défaut d’être animés par une foi en ce Dieu Tout-puissant. Cette autorité qui est un espace commun où chacun et chacune, quel qu’il·elle soit a la place qui lui revient.

Gageons que nos élus du Centre, et autres, sauront s’en souvenir.

Source de l’image de couverture : Rhonefm

Les Églises ne devraient pas se mêler de politique ? Allons donc…

Depuis quelques semaines, la campagne autour des votations du 29 novembre prochain à propos de l’initiative pour des multinationales responsables prend un tour jamais vu, aux dires mêmes des politiciens et observateurs aguerris.

On joue sur les mots. On se rejoint sur les buts mais on se déchire sur les moyens. On parle d’une initiative arrogante ou au contraire pertinente. On ne veut atteindre que les multinationales qui agissent de manière irresponsable. De l’autre côté, on prétend que nos PME seront aussi concernées… Enfin, on argumente au lance-pierre.

Parmi les critiques, il y a celle de la conseillère fédérale Karin Keller Sutter (photo tirée du site cath.ch), KKS pour les intimes dont je ne suis pas. Elle fustige l’engagement des Églises, notamment les faîtières, la Conférence des évêques de Suisse et l’Église évangélique réformée de Suisse (EERS) dans la campagne pour le soutien à l’initiative. Son argument est simpliste : « Ce ne sont pas aux Églises de dire qui est un bon chrétien, mais le ‘bon’ Dieu ! » et de poursuivre que la tâche des Églises n’est pas de se mêler de politique, mais d’accompagner les croyants sur des questions éthiques.

Ce ne sont pas les Églises qui définissent qui est un bon chrétien «mais le bon Dieu!»

Karin Keller-Sutter, conseillère fédérale et ministre de la justice

J’ai aussi été le témoin d’une commune qui a expressément demandé (pour ne pas dire obligé) la paroisse du lieu à enlever une banderole orange « OUI à l’initiative pour des multinationales responsables » des proches abords de l’église. La raison ? Le terrain appartient à la commune et celle-ci a reçu des réactions négatives voire outrées, parce que ça gêne.

Je crois que le fond de l’histoire, le véritable enjeu, est ailleurs : l’initiative pour des multinationales responsables bénéficie d’un large soutien populaire, manifesté par un engagement de la base : comités cantonaux, envoi massif de cartes postales, prises de positions et courriers des lecteurs. Du jamais vu ! À tel point qu’economiesuisse fait « Oh ! » et tremble sur ses bases et ses certitudes.

Ainsi, l’Église devrait être la garante du bien-croire et l’État celle du bien-voter ? Allons donc ! Faut-il rappeler à Mme Keller-Sutter, et aux autres par la même occasion, qu’un croyant, un chrétien, un paroissien est aussi (et d’abord) un citoyen ? Qu’il a le droit de vote. Et que ses choix politiques sont bien souvent orientés par ses convictions et des valeurs qui le dépassent, mais qu’il a fait siennes ?

Les réactions hostiles à l’engagement des Églises dans cette campagne démontrent le regard qu’une certaine frange de la société et du politique porte à cette vénérable institution : les Églises sont là pour le fait religieux et que pour le fait religieux. Pour le culte du dimanche matin et pour les cérémonies d’adieux. Pour le reste, tout le reste, elles sont priées de se taire, de se faire discrètes, invisibles si possible.

Mais, l’Église a aussi et surtout une voix prophétique à faire entendre. Qu’elle ne s’en prive pas !

Elle dérange ? Tant mieux ! C’est là sa vocation.

Les signes des temps, tout va bien : l’Église suit le mouvement

Dimanche 13 septembre, Isabelle Graesslé était l’invitée de l’émission Hautes fréquences de La Première. En effet, elle est l’une des prétendantes à la présidence de l’Église évangélique réformée de Suisse (EERS pour les intimes) ; l’autre étant la pasteure zurichoise Rita Famoz.

Isabelle Graesslé se définit d’abord comme une théologienne, qui cherche à penser le monde, lit (ou tente de lire) les signes des temps. Elle est aussi « pasteure de terrain », dans la paroisse de Prilly (à l’heure où j’écris ces lignes) qui n’en reste pas à « son cabinet » ! Elle en appelle à un changement du protestantisme, déserté aujourd’hui, pour qu’il aille à la rencontre d’autres publics.

Les signes des temps sont, dans la Bible du moins, synonymes de changements, de révolutions. Or, dans le monde de maintenant, l’Église est dans son temps, dans celui du monde aussi. Faut-il s’en inquiéter ?

L’Église suit à son tour le mouvement du monde. D’abord, il y a la place des femmes. En octobre 2019, les élections fédérales ont montré une hausse massive des députées au Parlement fédéral, bastion majoritairement masculin. Les élections communales de cet automne font aussi la part belle aux candidates. Certains, à l’image du socialiste Daniel Musy, l’appellent de leurs vœux.

Le 18 août dernier, Judith Pörksen Roder a été élue à la présidence du Conseil synodal des Églises Berne-Jura-Soleure.

Et c’est certainement une bonne chose qu’une théologienne, romande de surcroît, puisse assumer un rôle de leader dans la faîtière des Églises réformées de Suisse qui se prononceront du 1er au 3 novembre !

L’Église surfe à son tour sur la vague verte, celle du changement climatique, qui devient une urgence. Est-ce que ça l’aurait été sans Greta Thunberg et les manifestations des jeunes dans les rues ? Isabelle Graesslé prêche aussi pour une présence de l’Église réformée dans le débat public et politique.

Mais, la situation de ce printemps m’a laissé sur ma faim : j’ai plus entendu les représentants des Églises insister auprès du ministre de la santé pour reprendre les célébrations en présentiel qu’un engagement tangible et concret pour lutter contre la pauvreté et la précarisation soudainement visibles. Je salue les initiatives paroissiales et locales qui ont accompagné cette période en développant plus de solidarité.

Si les Églises sont appelées à changer, (ont-elles le choix si elles ne veulent tout simplement ne pas disparaître du paysage ?), y sont-elles prêtes ? De là où je suis, en paroisse notamment, je constate une résistance aux changements. Parce que, comme me le rappelait un collègue, si tout le monde veut le changement, bien peu sont prêts à l’inaugurer ; le changement fait peur : on sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on peut gagner !

Finalement, on parle de la nécessité pour l’Église de se réformer, de s’adresser aux 95% des personnes qui n’y sont plus, d’être présente là où se jouent le présent et l’avenir de notre planète. On en parle, oui, c’est sûr et depuis longtemps. Mais que faisons-nous vraiment, concrètement ?

Il faudra plus qu’une réforme des structures. Il faudra plus qu’un coup de vernis. Même si l’élection d’une femme à la tête de l’EERS pourrait être un signal encourageant, il sera nécessaire d’aller plus loin, et de passer par une refonte en profondeur des consciences. Et c’est ce qui attend chacun·e de nous, que nous soyons dans, hors ou à côté de l’Église.

Et moi le premier, je devrais me retrousser un peu plus les manches parce que demain, c’est aujourd’hui.

Les signes des temps sont là, sous nos yeux. Les voyons-nous ?

On a de la chance de connaître le pasteur Marc Pernot

Mi-septembre, les médias genevois ont fait la part belle au pasteur Marc Pernot de l’Église protestante de Genève (EPG).

On le connaît déjà comme le créateur du site jecherchedieu.ch (voir aussi mon article, à ce propos) où il répond aux questions des internautes. Aucune n’est taboue. Tout mérite réponse, et Marc le fait très bien, avec sensibilité, respect, savoirs et compétences (au pluriel). Il anime (ou donne vie) ainsi une paroisse en ligne, plutôt qu’une paroisse virtuelle (qui n’aurait pas de consistance, alors que les échanges ont lieu entre personnes bien réelles). On y trouve aussi, et sous diverses formes, des prédications à emporter avec soi, à écouter ou à lire là où on est et quand on a le temps.

Il y a eu une série de conférences à propos des héros bibliques.

Dès aujourd’hui, 15 septembre 2020, il animera une série de 4 conférences autour des miracles, entre 12h30 et 13h30 à La Fusterie. Il interrogera notamment la lecture des récits de miracles : faits historiques ou stimulation pour nos vies aujourd’hui ?

Dans l’émission Léman Bleu, le présentateur Pascal Décaillet accueille Marc Pernot pour un bel entretien empreint de respect.

En cliquant sur ce lien, vous pourrez regarder la vidéo de l’émission.

On a de la chance de connaître Marc Pernot. C’est un homme de liens. Lui, qui avec Elio Jaillet, Etienne Guilloud et moi-même, promeut le Réseau-Protestant.

C’est un homme qui relie, nous relie à nous-mêmes et à ce qui est plus grand que nous.

Merci, Marc!

Ma vie de diacre. À l’heure du bilan #2

DIACONAT. À l’heure de ma transition professionnelle, je fais le bilan de mes activités au sein de l’Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel. Pas pour me glorifier, non ! Mais pour dire ma reconnaissance.


Dans un précédent billet, j’ai parlé de mon engagement auprès des aînés. Pendant un peu plus de deux ans, j’ai aussi participé à l’animation du groupe de jeunes Tourbillon, âgés de 11 à 14 ans. Je ne vous cache pas que ça me changeait du rythme des homes, mais les questions, au final, se rejoignaient, avec d’autres mots, mais quand même : pourquoi on vit si vieux ? Pourquoi on souffre ? Qu’y a-t-il après la mort ? Qu’est-ce qu’il y avait avant Dieu ? Est-ce que Dieu a créé les dinosaures ? Est-ce qu’il y a vraiment un Créateur, au regard de la science ? Alors, j’ai cheminé au pas de chacun. Laissant souvent les réponses ou les non-réponses venir d’elles-mêmes et prendre conscience qu’une question sans réponse, un doute, n’empêchent pas de croire.

Je suis particulièrement fier de ce que nous, les moniteurs et monitrices et les jeunes du groupe Tourbillon avons réalisé pour le Culte cantonal de l’EREN en 2014 au temple du Locle. J’avais lancé l’idée de réalisé des vidéos de Jeux de mains. Comment dire l’amour (c’était le thème du culte, parce que Le Locle est la capitale mondiale auto-proclamée de la Saint-Valentin) ? Et ce rendez-vous cantonal a fait la part belle aux enfants et aux jeunes.

Nous avons laissé la liberté aux jeunes de créer de toutes pièces des histoires qui se sont révélées pertinentes et touchantes. Un rythme lent qui permettait de s’imprégner de ce qui était projeté. Et ça a marché. On a reçu de nombreux échos très positifs et cela a été une belle récompense pour ces jeunes. J’ai découvert avec eux une foi en… (je n’ose pas dire Dieu, parce que tous ne s’y référaient pas), mais une foi certaine… en la vie, en l’amour.

Les fondamentaux bibliques ne sont plus évidents : Abraham, Moïse, Ruth… C’est qui ? Des histoires qui sonnent un peu bizarres, parce qu’elles sont vieilles… Alors, on tente de revenir à aujourd’hui, à ce qu’elles nous disent, ces histoires, pour nous. Oui, pour toi, pour moi. Et tant pis, ou heureusement, si on se trompe…

Bien sûr, quand on travaille avec des jeunes pré-adolescents, il faut faire de la discipline, rappeler les principes de fonctionnement du groupe qui ont été négociés avec eux. Il faut parfois tout arrêter, parce que ça dégénère… Élever la voix (c’est arrivé), revenir à un savoir-vire ensemble qui n’est pas une évidence à cet âge-là. Et tout cela, ça pompe de l’énergie ! Mais, au final et avec le recul, nous les moniteurs, nous avons beaucoup appris et c’est cela qui est beau ! Je me suis souvent surpris à repenser à cet épisode où Jésus place un enfant au milieu de ses disciples, les invitant à être comme lui pour entrer dans le Royaume. Quelle leçon !

À vous tous, jeunes et moins jeunes, je vous dis : MERCI!

À suivre…

Ma vie de diacre. À l’heure du bilan. #1

DIACONAT. À l’heure de quitter mon ministère d’aumônier auprès des aînés et l’Église cantonale qui m’a permis d’y entrer (ndlr : pardonnez le jeu de mot entre quitter et entrer), il est temps de faire le bilan. Oh, pas pour me glorifier, mais en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur.


Voilà dix ans et quelques mois que je suis entré dans l’aumônerie auprès des aînés. Dans le jargon institutionnel, on dit : aumônerie en EMS. J’y ai fait mes premières armes, tout en suivant la formation diaconale en cours d’emploi. Avec le recul, je considère la situation inconfortable : du côté des établissements de soins, je suis le professionnel qui sait, un expert, et du côté de l’office qui me forme, un apprenant qui a le droit de faire faux, de se tromper, de tester.  J’ai fait avec…

Je renonce à compter les cultes, célébrations et cérémonies diverses que j’ai présidées, les visites aux résidents, les entretiens et discussions avec les familles (à leur demande ou au hasard des rencontres), les fêtes en tous genres organisées par les EMS eux-mêmes. Il y en a eu beaucoup et cela suffit.

Ce que je retiens, par contre, c’est le lien de confiance qui s’est tissé avec les résidents. Et pas plus tard que tout à l’heure, au moment de dire « à-Dieu », ces mots qui touchent en plein cœur : « On va vous regretter et Merci pour tout ! » La complicité avec des animateurs et animatrices, des soignants… « Merci ! » et je leur retourne le compliment.

Il y a eu, et c’est normal paraît-il, ces coups de blues. Ces moments où j’ai eu l’impression de passer à côté, d’avoir manqué l’essentiel. Et où j’ai été tout surpris d’entendre que j’ai fait du bien. Je vais oublier, si je peux, ces réunions ou autres colloques qui laissent le goût de « tout ça pour ça ! » Je ne garde pas rancune d’une reconnaissance à géométrie variable de la part des soignants.

On se quitte, oui, et c’est un vrai choix, j’ai déjà eu l’occasion de l’affirmer. On se quitte, mais on ne s’oublie pas. Pour ma part, je débarquerai dans ma nouvelle paroisse avec un gros sac à dos virtuel rempli de tous ces souvenirs, de tous ces visages. Certains regards se sont fermés pour rejoindre le mystère de Dieu. D’autres sont là encore et bien présents. Ils m’ont tant appris, ces « vieillards » qui ont relu une partie de leur vie avec une lucidité parfois déconcertante.  Ces hommes et ces femmes m’ont donné une leçon de sagesse (j’ai encore l’âge d’apprendre) : « Quand on croit avoir enfin tout compris, on découvre qu’on n’a rien compris… »

Moi un spécialiste ? Un professionnel qui sait ? Un expert ? Allons donc ! Oui, j’ai suivi des formations variées. Oui, j’ai acquis des savoirs, des compétences. Oui, j’ai évolué et progressé. Mais surtout, j’apprends toujours et encore à être humain… juste humain. Et cela suffit.

À suivre…

Que tous nous soyons un, pour que le monde croie !

MÉDITATION. À l’occasion de ma dernière célébration œcuménique dans un home, j’ai choisi de reprendre l’image du corps. Belle image d’un organisme qui vit, qui respire la Vie, celle que Dieu donne… au monde.


Textes du jour : Première lettre aux Corinthiens 12, 12-30 |
Évangile de Jean 17, 20-23 (textes intégraux à la fin)

« Pour qu’ils parviennent à l’unité parfaite. »

Ce qu’est le corps: une évidence!

Notre corps est formé de plusieurs membres et organes. Nous le savons bien. Chacun est essentiel et important. Tous sont reliés les uns aux autres par des muscles, des tendons, des veines et des artères, de la chair. Et cette magnifique mécanique est animée par notre cœur qui bat et le souffle de notre respiration. Y fait-on seulement attention quand tout va bien ? Il suffit qu’un accident nous prive momentanément d’un de nos membres pour ressentir le manque: on est d’abord maladroit, gêné, puis on apprend à faire avec, ou plutôt sans, et autrement. Le corps formé de plusieurs parties, voilà une évidence que nous pouvons tous constater pour nous-mêmes et pour les autres. On pourrait prétendre que Paul n’est pas allé chercher très loin cette image. Elle affirme qu’aucun n’est trop petit pour ne pas faire partie intégrante de ce corps. Elle est pertinente, cette image parce qu’elle marque les esprits. Plus c’est simple, plus c’est compréhensible ! Les professionnels de la communication vous le diront.

Mais la comparaison va plus loin. Elle parle de notre unité de croyants comme corps… du Christ, uni par un même Esprit au-delà des différences culturelles ou sociales, au-delà des origines ou des langues. Car, tous nous sommes parties de ce corps, chacun pour sa part animé par la foi en Jésus-Christ mort et ressuscité.

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Entre enthousiasme et (risque d’) épuisement : l’histoire du buisson

DIACONAT. La transition professionnelle génère un sentiment d’impatience, parce que je vais vers un nouvel horizon (et je m’y vois déjà) et un risque d’épuisement, parce je dois être encore là où je suis, tentant de tout mettre en ordre en vue de la transmission.


Quand les choses se précisent… Ou pas !

Mon nouveau lieu de travail sera la paroisse réformée de La Neuveville et le Plateau de Diesse et environs, regroupés sous la jolie expression de Lac-en-Ciel (Églises réformées Berne-Jura-Soleure) dès le 1er mars prochain. Et depuis la reprise, au début du mois de janvier, je vis un temps qui oscille entre l’enthousiasme et le risque (je dis bien le risque) d’épuisement. Il y a des choses à faire, parce que je suis encore là, ou sur le point de ne plus l’être et d’autres à penser, prévoir, organiser ; des rendez-vous à fixer parce que je suis sur le point d’être là. Ainsi, je mets à la fois de l’ordre dans mes affaires et je classe ce que le conseil paroissial de La Neuveville, fort bienveillant, m’envoie à titre d’information (pour l’instant).

Quand présent et futur se marient pour le meilleur

Je suis donc partagé entre l’envie d’y être déjà et celle, non moins forte, de bien partir. Il y a dans les deux de l’enthousiasme et de l’épuisement.

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Tout commence, mais pour aller où ?

MÉDITATION. L’Épiphanie nous parle de la venue de savants qui ont quitté leur pays pour venir adorer celui qu’ils appellent le roi des juifs. Longtemps avant eux, un homme et sa famille reçoit aussi l’appel à quitter son pays.


Textes du jour : Genèse 12, 1-9 | Matthieu 2, 1-12
« Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père et va dans le pays que je te montrerai. »

Préparer le terrain des consciences

Dans un précédent billet, j’ai parlé de mon changement d’insertion professionnelle. C’est le moment de préparer les résidents que je côtoie depuis longtemps pour certains à mon départ. Ce sera un profonds changement autan pour moi que pour eux. L’appel que le Seigneur adresse à Abram (qui n’est pas encore Abraham) m’y aide.

Toute année, comme tout voyage, comporte une part d’inattendu, d’espérance, de crainte aussi peut-être : que nous réserveront ces douze mois à venir ? Nous sommes en marche vers un avenir inconnu, mais pas vide. Car Dieu veille. Il nous précède, il nous accompagne, il nous pousse en avant.

Tous des voyageurs sur la terre

Ne ressemblons-nous pas à Abram qui se voit appelé à quitter le lieu qu’il connaît, ses repères, ses sécurités pour se mettre en route vers un pays encore inconnu ? Ne sommes-nous pas à l’image des sages venus d’Orient, suivant un signe dans le ciel vers une rencontre dont ils ne savent rien ?

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Prêt au changement ou quand le changement s’impose par lui-même

RÉFLEXION. Ce premier trimestre 2019 est synonyme de changement pour moi : je vivrai une transition vers un autre ministère, un autre canton et une autre Église. Il y a ce sentiment de s’aventurer vers quelque chose de moins connu. C’est cela qui est beau.


Commençons par un gros mot : Kairos !

L’image en tête de cet article provient de la page 7 de la revue Évangile & Liberté, n° 325, janvier 2019. Elle présente en gros plan un mot KAIROS. C’est un mot grec qui signifie : « le moment opportun ». Pourrais-je dire qu’il s’agit d’un temps fugace, et donc insaisissable, où tout peut basculer, où tout peut devenir possible. C’est aussi « le moment choisi par Dieu pour accomplir son projet. » Pourquoi donc retenir ce gros mot théologique (selon la rubrique d’Évangile & Liberté) pour parler de mon changement professionnel ? Parce que ce mot illustre parfaitement les circonstances de mon évolution professionnelle qui m’ont appris que l’attente n’est pas vaine.

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